Publié le 8 Avril 2015

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Le soleil brillait dans ma case
Et mes femmes étaient belles et souples
Comme les palmiers sous la brise des soirs.
Mes enfants glissaient sur le grand fleuve
Aux profondeurs de mort
Et mes pirogues luttaient avec les crocodiles
La lune, maternelle, accompagnait nos danses
Le rythme frénétique et lourd du tam-tam,
Tam-tam de la joie, tam-tam de l'insouciance
Au milieu des feux de liberté.

Puis un jour, le Silence...
Les rayons du soleil semblèrent s'éteindre
Dans ma case vide de sens.
Mes femmes écrasèrent leurs bouches rougies
Sur les lèvres minces et dures des conquérants aux yeux d'acier
Et mes enfants quittèrent leur nudité paisible
Pour l'uniforme de fer et de sang.
Votre voix s'est éteinte aussi
Les fers de l'esclavage ont déchiré mon cœur
Tam-tams de mes nuits, tam-tams de mes pères.

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Publié le 8 Avril 2015

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Si l'humble cabaret, noirci

Par la pluie et le vent d'automne,

M'accueille, tu n'es plus ici...

Je souffre et l'amour m'abandonne.

Je souffre affreusement. Le jour

Où tu partis, J'appris à rire,

J'ai depuis pleuré, sans l'amour,

Et vécu tristement ma vie.

Au moins, garde le souvenir,

Garde mon cœur, berce ma peine !

Chéris cette tendresse ancienne

Qui voulut, blessée, en finir.

Je rirai contre une autre épaule,

D'autres baisers me suffiront,

Je les marquerai de mes dents.

Mais tu resteras la plus belle...

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Où va la pluie, le vent la mène

En tintant sur le toit

Et je me serrais contre toi,

Pour te cacher ma peine.

Le jardin noir aux arbres nus,

Ta petite lampe en veilleuse,

Tes soupirs heureux d'amoureuse

Que sont-ils devenus ?

J'écoute encor tomber la pluie :

Elle n'a plus le même bruit...

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Publié le 8 Avril 2015

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Dans le silence,
Le bateau dort
Et, bord à bord,
Il se balance.

Seul, à l'avant,
Un petit mousse,
D'une voix douce,
Siffle le vent.

Au couchant pâle
Et violet
Flotte un reflet
Dernier d'opale.

Sur les flots verts,
Par la soirée
Rose et moirée
Déjà couverts,

Sa lueur joue
Comme un baiser
Vient se poser
Sur une joue.

Puis, brusquement,
Il fuit, s'efface,
Et sur la face
Du firmament,

Dans l'ombre claire
On ne voit plus
Que le reflux
Crépusculaire .

Les flots déteints
Ont sous la brise
La couleur grise
Des vieux étains.

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Publié le 8 Avril 2015

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La neige - le pays en est tout recouvert -
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l'horizon désert,
Par des vibrations d'azur tendre et d'or vert,
Dans l'éblouissement, la pleine lune émerge.

A l'Occident s'endort le radieux soleil,
Dans l'espace allumant les derniers feux qu'il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l'arrose.
L'ombre de ses replis a des pâleurs d'iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.

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Publié le 8 Avril 2015

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La maison où je vis est pareille à la ruche
Où les abeilles ont chacune leur travail.
Le vin est au pressoir, le pain blanc dans la huche,
Le grenier a du foin, l'étable du bétail.

Mon père est tisserand, ma mère ménagère,
Mes deux frères aînés soignent leurs deux bœufs roux,
Ma sœur est à le fois jardinière et lingère ;
Moi, je suis l'écolier. Je vis heureux chez nous.

Tout le monde y travaille et tout le monde y chante,
Car à tous le travail donne force et gaîté.
Nous n'avons jamais vu la déesse méchante
Qui sème tant de maux partout, l'oisiveté.

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Publié le 8 Avril 2015

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Humble est la ferme, humbles les hôtes ;
Le vieux grand-père d'abord,
Aux épaules larges et hautes
Aux bras solides encor ;
Puis, mariés de l'autre année,
La fermière et le fermier ;
Puis le roi de la maisonnée,
L'enfant dans son nid d'osier.

Depuis un siècle, leur famille,
Dans cet enclos isolé,
Tient la charrue et la faucille,
Sème et moissonne le blé.
Le grand lit à colonnes torses
Sert depuis bientôt cent ans,
Et le même berceau d'écorces
A bercé tous les enfants.

La ferme est heureuse : pour elle,
Avril chante, mai fleurit ;
Pour elle la fraise nouvelle
En juin dans l'herbe mûrit ;
Le verger, pour elle, en automne,
Répand ses fruits à foison ;
Et l'enfant robuste lui donne
La joie en toute saison.

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Publié le 8 Avril 2015

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Comme il fait bon d'être plusieurs quand il fait noir,
Et que nous subissions l'influence du soir,
Rêveur, chacun de nous écoutait sa pensée

Par le même silence intimement bercée.
La nuit mélancolique épanchait sa douceur
Avec un caressant geste de grande sœur,
Et nous voyions passer dans l'ombre transparente,

De temps en temps, soudaine, une étoile filante.
Le firmament d'été fourmillait d'astres bleus
Irradiant l'éther d'éclats miraculeux.
L'heure était si puissante et si pleine de grâce

Que chacun la sentait respirer dans l'espace,
Dans le frissonnement d'une feuille, ou le bruit
D'un insecte invisible et tournoyant qui fuit...
Ah ! ce recueillement qui vient avec mystère,

Et d'autant plus profond qu'il est involontaire !
La lampe s'est éteinte et le livre est fermé :
Nul ne songe à l'ouvrir, nul à la rallumer.
C'est dans son triste cœur, qu'éclaire la nuit noire,

Que chacun continue une émouvante histoire...
Rêve, ô suprême joie, ô consolation !
Baume qui nous guérit du mal de l'action,
C'est le soir qu'on vous sent descendre sur nos plaies

Et couler, comme par la pitié de mains vraies !
Et c'est vous qui dans les jours mauvais de combats
Nous faites prendre un peu patience ici-bas,
Et nous donnez, afin que nul ne se délivre,

La lâcheté peut-être héroïque de vivre !

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Publié le 8 Avril 2015

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Je suis venu te dir'que je m'en vais
et tes larmes n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu te dir'que je m'en vais
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu d'te dir'que je m'en vais
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais
car tu m'en as trop fait- je suis venu te dir'que je m'en vais
et tes larmes n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu d'te dir'que je m'en vais
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais
car tu m'en as trop fait

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Publié le 8 Avril 2015

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C'était la ronde des mots,
Quelque chose comme un rondeau,
Et les syllabes et les voyelles
Rivalisaient pour être belle.

Et l'on trouvait des synonymes
Pour y balancer quelques rimes.
Ceci s'appelle composer,
Pour ensuite pouvoir conter.

C'est l'artisanat du poème,
C'est l'ABC du stratagème...
Les mots chantent, les mots dansent,
Sans jamais quitter la cadence.

La poésie est un abri
Contre la déprimante vie
Qui se colore au gré des vents
De bleu de rose ou de blanc...

C'était la ronde des mots
A qui je tire mon chapeau !

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Publié le 8 Avril 2015

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Sur une feuille morte
Un homme écrit son rêve

Un arbre fort et large où poser le sommeil
Deux arbres pour le jeu
Dix arbres pour crier à la forêt qui meurt
« Nous serons demain ! »
Cent arbres pour la mer
Des feuillages le soir
Dans le vent
Qui frémissent

Et la feuille s'effrite

Et l'homme se relève

Au fin fond de ses poches
Dix mille arbres
Attendront
Que les graines s'éveillent.

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