Publié le 8 Avril 2015

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Pendant qu'hésite encor ton pas sur la plaine,
Le pays s'est de ciel houleux enveloppé.
Tu cèdes, l'œil levé vers la nuagerie,
A ce doux midi blême et plein d'osier coupé.

Nous avons tant suivi le mur de mousse grise
Qu'à la fin, à nos flancs qu'une douleur emplit,
Non moins bon que ton sein, tiède comme l'église,
Ce fossé s'est ouvert aussi sûr que le lit.

Dédoublement sans fin d'un typique fantôme,
Que l'or de ta prunelle était peuplé de rois !
Est-ce moi qui riais à travers ce royaume ?
Je tenais la martyre, ayant ses bras en croix.

Le fleuve au loin, le ciel en deuil, l'eau de tes lèvres,
Immense trilogie amère aux cœurs noyés,
Un goût m'est revenu de nos plus forts genièvres,
Lorsque ta joue a lui, près des yeux dévoyés !

Et pourtant, oh ! pourtant, des seins de l'innocente
Et de nos doigts, sonnant, vers notre rêve éclos
Sur le ventre gentil comme un tambour qui chante,
Dianes aux désirs, et charger aux sanglots,

De ton attifement de boucles et de ganses,
Vieux Bébé, de tes cils essuyés simplement,
Et de vos piétés, et de vos manigances
Qui m'auraient bien pu rendre aussi chien que l'amant,

Il ne devait rester qu'une ironie immonde,
Une langueur des yeux détournés sans effort.
Quel bras, impitoyable aux Échappés du monde,
Te pousse à l'Est, pendant que je me sauve au Nord !

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Publié le 8 Avril 2015

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Sous le soleil brûlant de l'éternelle Afrique
Il est un fauve-roi au manteau de lumière
Qui promène en son flanc une ardeur meurtrière
Tapi dans le désert ou au fond d'une crique.

Sous les feux de midi lorsque tout semble mort
Lors même que tout dort dans la chaleur safrane
Ce guerrier guette encore au cœur de la savane
Avec une lueur dans sa pupille d'or.

Soudain le fauve clair en un saut fantastique
S'élance dans les airs et bondit sur sa proie
D'une pulsion mortelle il l'abat et la broie
La tue en un éclair, par sa force magique.

Moi je sais d'autres rois sous le ciel africain
A qui l'on a volé l'espoir et le royaume
Des guerriers trop menus, sans armure et sans heaume
Déguenillés, pieds nus, à peau de maroquin.

Nomades sans merci, au détour d'un chemin
- Car le sort est inscrit au fond de leurs yeux sombres
Comme dans une crypte où flotteraient des ombres
Ils vont semer la mort, la grenade à la main.

Voilà l'enfant-soldat, l'enfant qu'on assassine
En bataillons épars sous le soleil brûlant
Pour le diamant, l'ivoire, et l'or noir et l'or blanc!
Un crayon dans la main, c'est la mort qu'il dessine.

Et sous son front têtu casqué de boucles noires
Les souvenirs venus du temps de l'innocence
- Ce baume répandu du flacon de l'enfance -
Sont un fil si ténu qu'il en perd la mémoire.

Au milieu des combats, rien et nul ne l'arrête
Plus tout-à-fait enfant, pas tout-à-fait un homme
Il est dieu, il est roi, déjà adulte en somme
Et se croit immortel, du meurtre plein la tête.

A la fin des combats, assis dedans la cendre,
De son fusil poisseux de sueur ou de sang
Il torture un grillon teinté d'or et d'argent,
Ecrase un scarabée ou une salamandre.

Que voit-il renversé sur un sac de cartouches
Dans ses yeux grand ouverts, le guerrier endormi
Qu'entend-il quand il meurt sous le feu ennemi,
Dans le tir des mortiers et sous le vol des mouches?

Drogué, intoxiqué, écrasé de soleil
Rêve-t'il d'un lagon et d'une source claire,
Reçoit-il sur son front le baiser de sa mère
A quoi peut-il rêver dans son dernier sommeil?

Pardonnez-moi, Seigneur, quand l'Afrique meurtrie
Pense à panser sa plaie et que renaît l'espoir
D'une éternelle paix sur le continent noir
Quand brillent les autels à l'heure où l'on Vous prie,

Quand on promet la paix, et la paix l'on célèbre,
Dans les constellations brillant au firmament
Je crois voir malgré moi un lion de diamant
Aux yeux de dieu païen riant dans les ténèbres.

COPYRIGHT©Isabelle Balot 2005

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Publié le 8 Avril 2015

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Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route
Fuyaient mêlés, ainsi qu'une armée en déroute,
Et sous moi, comme ému par les vents soulevés,
Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés !

Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes
Leurs hameaux aux maisons de plâtre, recouvertes
En tuiles, qui trottaient ainsi que des troupeaux
De moutons blancs, marqués en rouge sur le dos !

Et les monts enivrés chancelaient, - la rivière
Comme un serpent boa, sur la vallée entière
Étendu, s'élançait pour les entortiller...
- J'étais en poste, moi, venant de m'éveiller !

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Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

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Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets !

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !

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Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'œuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres; - le monde des Esprits s'ouvre pour nous.

Swedenborg appelait ces visions Memorabilia; il les devait à la rêverie plus souvent qu'au sommeil; l'Âne d'or d'Apulée, la Divine Comédie du Dante, sont les modèles poétiques de ces études de l'âme humaine. Je vais essayer, à leur exemple, de transcrire les impressions d'une longue maladie qui s'est passée tout entière dans les mystères de mon esprit; - et je ne sais pourquoi je me sers de ce terme maladie, car jamais, quant à ce qui est de moi-même, je ne me suis senti mieux portant. Parfois, je croyais ma force et mon activité doublées; il me semblait tout savoir, tout comprendre; l'imagination m'apportait des délices infinies. En recouvrant ce que les hommes appellent la raison, faudra-t-il regretter de les avoir perdues ?...

Cette Vita nuova a eu pour moi deux phases. Voici les notes qui se rapportent à la première. - Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi. Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus navrante, le coup le plus terrible frappé sur l'âme par le destin; il faut alors se résoudre à mourir ou à vivre ; - je dirai plus tard pour quoi je n'ai pas choisi la mort. Condamné par celle que l'aimais, coupable d'une faute dont je n'espérais plus le pardon, il ne me restait qu'à me jeter dans les enivrements vulgaires; j'affectai la joie et l'insouciance, je courus le monde, follement épris de la variété et du caprice; j'aimais surtout les costumes et les murs bizarres des populations lointaines, il me semblait que je déplaçais ainsi les conditions du bien et du mal,; les termes, pour ainsi dire de ce qui est sentiment pour nous autres Français. « Quelle folie, me disais-je, d'aimer ainsi d'un amour platonique une femme qui ne vous aime plus ! Ceci est la faute de mes lectures; j'ai pris au sérieux es inventions des poëtes, et je me suis fait une Laure ou une Béatrix d'une personne ordinaire de notre siècle...

Passons à d'autres intrigues, et celle-là sera vite oubliée. » L'étourdissement d'un joyeux carnaval dans une ville d'Italie chassa toutes mes idées mélancoliques. J'étais si heureux du soulagement que j'éprouvais, que je faisais part de ma joie à tous mes amis, et, dans mes lettres, le leur donnais pour l'état constant de mon esprit, ce qui n'était que surexcitation fiévreuse. Un jour, arriva dans la ville une femme d'une grande renommée qui me prit en amitié et qui, habituée à plaire et à éblouir, m'entraîna sans peine dans le cercle de ses admirateurs. Après une soirée où elle avait été à la fois naturelle et pleine d'un charme dont tous éprouvaient l'atteinte, je me sentis épris d'elle à ce point que je ne voulus pas tarder un instant à lui écrire. J'étais si heureux de sentir mon cour capable d'un amour nouveau !...

J'empruntais, dans cet enthousiasme factice, les formules mêmes qui, si peu de temps auparavant, m'avaient servi pour peindre un amour véritable et longtemps éprouvé. La lettre partie, j'aurais voulu la retenir, et j'allai rêver dans la solitude à ce qui me semblait une profanation de mes souvenirs. Le soir rendit à mon nouvel amour tout le prestige de la veille. La dame se montra sensible à ce que je lui avais écrit, tout en manifestant quelque étonnement de ma ferveur soudaine. J'avais franchi, en un jour, plusieurs degrés des sentiments que l'on peut concevoir pour une femme avec apparence de sincérité. Elle m'avoua que je l'étonnais tout en la rendant fière. J'essayai de la convaincre; mais quoi que je voulusse lui dire, je ne pus ensuite retrouver dans nos entretiens le diapason de mon style, de sorte que je fus réduit à lui avouer, avec larmes, que je m'étais trompé moi-même en l'abusant. Mes confidences attendries eurent pourtant quelque charme, et une amitié plus forte dans sa douceur succéda à clé vaines protestations de tendresse.

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Au printemps l'oiseau naît et chante :
N'avez-vous pas ouï sa voix ?...
Elle est pure, simple et touchante,
La voix de l'oiseau - dans les bois !

L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ;
Il aime - et n'aime qu'une fois !
Qu'il est doux, paisible et fidèle,
Le nid de l'oiseau - dans les bois !

Puis quand vient l'automne brumeuse,
il se tait... avant les temps froids.
Hélas ! qu'elle doit être heureuse
La mort de l'oiseau - dans les bois !

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Publié le 8 Avril 2015

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Ce soir l'automne se vêt de feuilles rares
Et ta hargne poète, flétrit les vieux usages
Tu dénonces l'obscurité, les schismes, les tares
Et je rougis de ma nudité, de mes vers trop sages

Tu m'apprendras les jours maudits, tu déclameras la vie
Ta muse versera sur moi des étoiles de misères
Ta main épousera ma lâche fuite
Et mes pleurs laveront l'agonie de la terre

Pourtant, poète, j'ai flirté avec Satan.
Mon enfance absoudra mes chimères
J'ai porté ma croix trop jeune et si longtemps
La lutte a balayé mes peines et mes ans

Tu vois, poète, je hais les revenants
Mon mal s'est endormi dans un pays de Cogagne
Ton pas embusque de vieilles douleurs, mais il est temps...
J'émergerai de ma torpeur, car ta faconde m'empoigne

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Mystia, petite sirène naquit sur un rocher
Reine d'un océan songeur
Elle s'entichera d'une baleine effrontée
Leur amitié troubla le silence trompeur.

Des eaux profondes qui narrèrent
Leur épopée aux fonds marins
Et à toute la faune aquatique,
De cette amitié téméraire
Qui réconcilia baleines et sirènes offusquant le destin.

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Publié le 8 Avril 2015

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Dans la coupe, sous le vin,
je me suis noyée, évadée,
j'ai bu jusqu'à plus soif,
jusqu'à m'éteindre dans le verre,
me suis laissée glisser, éméchée,
enivrée jusqu'à oublier réalité.

J'ai porté la coupe à bras
le corps sans aucun remord.
J'ai rapporté à mon palais en messager
distinguée le plaisir encanaillé.
J'ai bien gardé ce doux nectar
en ma mémoire de rescapée.

Dans la coupe, sous le vin
je me suis noyée, j'ai adorée.

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Les fleurs du mal vous envahissent
de senteur de faux bonheurs.
Elles sont dangereuses en la demeure,
elles sont menteuses à leurs heures.
Elles vous enivrent, vous font sombrés
dans l'océan des vieux amants.
Elles vous dérivent, et font
sombrer le navire du vieux satire.
Elles vous bousculent, vous donnent
envie de vivre le crépuscule.
Elles vous chavirent sans ménagement,
vous absorbant dans leurs sorts, le grand malheur !
Les fleurs du mal sont devenues
féroces, précoces, avec force.
Les fleurs du mal sont dans votre intérieur
au plus profond de l'âme qui pleure.

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Publié le 8 Avril 2015

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Je mords un morceau de sable
Couché sur le ventre d'une vague,
Je fais des cailloux de sable
A genoux sur le dos d'une algue.

Je cours après des écumes de pluie
Dans le sable des dunes de mon lit
Et je rampe sur l'algue en furie
Et je dors dans ses bras tiédis.

Elles coiffent tout doux le sable chaud
A l'aide d'innombrables mamelles
Et cette quiétude maternelle
Que rien en cette eau ne vaut.

Que vaguent les ombrelles du sable
Et cette vague s'en allant
Qui va construire en dentellière
Son nid d'eau sur la soie.

De belles demoiselles...

Je suis beau dans le sable chaud
Nourri des dunes de mes plis
Si haut, si haut dans la pluie d'eau,
Vague complice me sourit.

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Sur des livres ouverts
Elle promène ses lèvres
Qui s'élèvent dans les airs
D'une page de rêves.

Et marche en silence
Sur les lignes réfléchies
Que franchit dans ses transes
Une enfant qui s'oublie.

Sur des photos ailées
Qui baignent dans le bleu
Des lagunes émanées,
Sous les traits de ses yeux.

Elle s'offre des paysages
Clairs comme la neige,
L'écume des rivages,
La blancheur des grèves.

Elle est toute blonde
L'enfant qui rêve
Qui voyage comme une onde
Sur le bout de ses lèvres.

Elle est tout ouverte
Aux murmures de ses pages,
Elle est reine et secrète
De long et doux sillages.

Tout entourée de félicité,
Seule dans son écho,
Elle vogue entre les mot
De quelques vielles publicités.

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Publié le 8 Avril 2015

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Ta pâle chevelure ondoie
Parmi les parfums de ta peau
Comme folâtre un blanc drapeau
Dont la soie au soleil blondoie.

Las de battre dans les sanglots
L'air d'un tambour que l'eau défonce,
Mon coeur à son passé renonce
Et, déroulant ta tresse en flots,

Marche à l'assaut, monte, - ou roule ivre
Par des marais de sang, afin
De planter ce drapeau d'or fin
Sur ce sombre château de cuivre

- Où, larmoyant de nonchaloir,
L'Espérance rebrousse et lisse
Sans qu'un astre pâle jaillisse
La Nuit noire comme un chat noir.

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La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par tes yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! Ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

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La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au cœur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâtés
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées
.

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Publié le 8 Avril 2015

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En s'entourant d'une lumière bleu ;
Peut être avons-nous le souffle blanc ;
De ne pas toucher l'enthousiasme du jeu ;
Voici finalement l'éclat du vrai élan.

Entre l'apparition que nous faisons, deux colonnes de feu ;
La parole muette nous sourit et s'épand ;
En guidant le pèlerin éblouit ou peureux ;
Qui cherche trop et souvent se méprend.

Sphère enroulant le chemin qui peut se prendre ;
Nos yeux touchant son reflet dans l'eau ;
Le plis roulant sur le miroir, presqu'île, îlot ;
Dupant notre esprit toujours prêt à se tendre.

L'éclair appartient à l’œil de l'enfant ;
Qui tient dans le creux de ses mains ses soldats de plomb ;
Comme si c'était un vrai trésor d'or et d'argent ;
La matière si réelle de ses pensées neuves : si près d'Orion.

(SOUFFLE BLANC…)

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Vivre pour le baiser de l'eau qui se frotte sur la peau ;
Source de bonheur où la chevelure caresse le dos ;
Meurtrir les doux lamantins aux hélices des bateaux.

Le cœur de la nature bouleversée par l'homme enfant
Qui navigue ; emmené avec lui cette fleur primaire ;
Déracinée de son environnement originel dormant ;
Où elle enlace de ses serres les bras des rivières.

(LAMENTIN...)

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Par delà les montagnes, par delà les forêts,
Je chercherai toujours, je demanderai pourquoi ?
Je murmurerai des champs de félicité,
J'attacherai mes pensées à ces endroits.

Je feuilletterai dans chaque page de parchemin ;
Pour trouver plus ou moins le chemin.
Tous les bleus et les violets seront mélangés.
Je penserai si fort que je m'envolerai.

Mon regard pourra toucher les aurores boréales,
Et au delà des trouées noires,
Sang d'amour et de déluges.
Ne terniront pas les refrains qui me mènent.

Si un jour avec moi je t'emmène,
Sur les horizons et les oraisons d'azur,
Pourront alors bâtir notre futur...

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S'il était possible de ramasser, avec quatre mains.
De lancer aux nues les pétales blancs d'un pommier,
De lever les deux regards souriants et sereins.
Approcher les deux visages avec le bout du nez.

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Publié le 8 Avril 2015

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La sensibilité d'un texte vient du coeur de celui qui l'écrit
Car c'est à travers des mots que le poète vit
Chaque phrase, chaque vers le décrit
Les sentiments ont raison de lui
Car c'est l'émotion qui l'inspire
Il n'a pas peur de la tristesse qui peut l'envahir
C'est sa passion, sa raison d'être
Et si un jour vous voyez des lettres sur un nuage
Pensez au poète.

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C'est le temps qui glisse sur ta peau
Le crayon qui dessine ton visage
La beauté qui trace tes yeux
L'amour qui construit ton coeur
Mais toi, le plus profond de toi
Ne vient que de toi-même.

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Eté, vacances et coquillages

Dans la chaleur de l'été
Quand le temps passe et t'embrasse
Sur tes lèvres sucrées de pommes
Dorées que tes rêves ont tracé

Vivement les vacances aux régions
Ensoleillées sur les plages
Ensablées de coquillages
Et tourne, tourne les pages

Les vacances sont finies

L'été s'achève
L'amour en grève
L'automne arrive
La flamme se ravive

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Publié le 8 Avril 2015

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La lune était curieuse
Avide de savoir
Vont-ils s'aimer sans me voir ?

Elle est gaie, insouciante
Et déjà promise.
Passionnée, amante

Déjà soumise
A cet amour naissant.
Vont-ils s'aimer sans se voir ?

Apaiser cette flamme
Qui la rend si heureuse ?

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