Publié le 8 Avril 2015

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Lorsqu'un arc-en-ciel apparaît, lumineux dans le ciel, vous pouvez contempler ses belles couleurs, mais vous ne pouvez l'attraper et le porter comme un vêtement. L'arc-en-ciel naît de la conjonction de différents facteurs, mais rien en lui ne peut être saisi. Il en va de même pour les pensées. Elles se manifestent dans l'esprit, mais elles sont dépourvues de réalité tangible ou de solidité intrinsèque. Aucune raison logique ne justifie donc que les pensées - qui sont in substantielles - disposent de tant de pouvoir sur vous, aucune raison pour que vous en soyez l'esclave.

L'infinie succession de pensées passées, présentes et futures, nous conduit à penser qu'il existe quelque chose qui serait là de manière inhérente et permanente. Nous appelons cela l'esprit. Mais en fait, les pensées passées sont aussi mortes que des cadavres, et les pensées futures ne sont pas encore survenues. Alors, comment ces deux catégories de pensées qui n'existent pas pourraient-elles constituer une entité qui, elle, serait existante ? Et comment la pensée présente pourrait-elle s'appuyer sur deux choses inexistantes ?

Cependant, la vacuité des pensées n'est pas simplement du vide, comme on pourrait le dire de l'espace. Il y a là, présente, une conscience spontanée, une clarté comparable à celle du soleil qui éclaire les paysages et permet de voir les montagnes, les chemins et les précipices.

Bien que l'esprit soit doué de cette conscience intrinsèque, affirmer qu'il y a un esprit, c'est apposer l'étiquette de réalité sur quelque chose qui n'en a pas, c'est énoncer l'existence d'une chose qui n'est qu'un nom donné à une succession d'événements. On peut appeler " Collier " l'objet constitué par des perles enfilées, mais ce " Collier " n'est pas une entité douée d'une existence intrinsèque. Quand le fil casse, où est le collier ?

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Publié le 8 Avril 2015

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La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, mon guide
Nathalie

La place Rouge était blanche
La neige faisait un tapis
Et je suivais par ce froid dimanche
Nathalie

Elle parlait en phrases sobres
De la révolution d'octobre
Je pensais déjà
Qu'après le tombeau de Lénine
On irait au café Pouchkine
Boire un chocolat

La place Rouge était vide
J'ai pris son bras, elle a souri
Il avait des cheveux blonds, mon guide
Nathalie, Nathalie...

Dans sa chambre à l'université
Une bande d'étudiants
L'attendait impatiemment
On a ri, on à beaucoup parlé
Ils voulaient tout savoir
Nathalie traduisait

Moscou, les plaines d'Ukraine
Et les Champs-Élysées
On a tout mélangé
Et l'on a chanté

Et puis ils ont débouché
En riant à l'avance
Du champagne de France
Et l'on a dansé

Et quand la chambre fut vide
Tous les amis étaient partis
Je suis resté seul avec mon guide
Nathalie

Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d'octobre
On n'en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine
C'est, c'était loin déjà

Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi qui lui servirai de guide
Nathalie, Nathalie

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Publié le 8 Avril 2015

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Locomotive d'or,
Aussi riche en pistons,
Aussi chargée d'essieux
Que de siècles un sépulcre,
Locomotive d'or,
Croqueuse d'un charbon
Plus fruité, plus juteux
Que l'est la canne à sucre,
Locomotive d'or,
Tchi ki kou tchi ki kou
Sans un soupçon de suie,
Sans une ombre de lucre,
Tu me fis visiter
Tes Congo, tes Gabon
Tes Oubangui-Chari,
Et tes Côte-d'Ivoire,
Où de blancs éléphants
M'aspergeaient de mémoire,
Locomotive d'or
Tchi ki kou tchi ki kou
Locomotive d'or,
Ka kan ka kan ka kan

Je reluquais le rail,
Assis sur ma valoche
Et l'horloge vaquait
Dans l'espace vaquant
Le silence avouait
Quelque chose qui cloche
Quand soudain retentit
La clameur de Tarzan
Quand soudain j'entendis
Un autre son de cloche,
Tu arrivais enfin
Du fond du cœur du temps,
Tes plumes de vapeur
Sur ta face de tigre,
Tes faisceaux de sagaies,
Tes boucliers de cuivre
Locomotive d'or
Ka kan ka kan ka kan

Locomotive d'or,
De bondir à ton bord
Me donna même joie
Qu'au sexe de la femme
Mon corps ne m'aidait plus
Qu'à survoler mon corps,
Ma chair devint esprit
Et mon âme tam-tam
Oui, oui, tam-tam d'âme,
Partout dedans! Dehors!
Et de toutes ses dents,
Succulente banane,
Kenny Clarke riait
Comme un enfant s'endort
Comme un enfant s'endort
Ayant vu un miracle,
Comme un enfant s'endort
Dans l'œuf ailé de Pâques
Dans l'amour tournoyant,
Locomotive d'or...

Tout le monde va descendre
Dans la gare divine,
Dans la gare divine
Le chef de gare est aimé,
Dans la gare divine
La locomotive d'or
Va souffler
Comme un enfant s'endort
La locomotive d'or
Comme un enfant s'endort
La locomotive d'or...

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Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse

Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

O mon païs, ô Toulouse

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillone jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant

L'église St-Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
Une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?

Voici le Capitole, j'y arrête mes pas
Les tenors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J'entends encore l'écho de la voix de papa
C'était en ce temps-là mon seul chanteur de blues

Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut
A Blagnac, tes avions sont plus beaux
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse

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Publié le 8 Avril 2015

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Nous avons tous fait, à des degrés divers, l’expérience d’un profond amour altruiste, d’une grande bienveillance, d’une compassion intense pour ceux qui souffrent. Certains êtres sont naturellement plus altruistes que d’autres, parfois jusqu’à l’héroïsme. D’autres sont plus repliés sur eux-mêmes et ont du mal à considérer le bien d’autrui comme un but essentiel, et encore davantage à le faire passer avant leur intérêt personnel.

Même si des pensées altruistes surgissent dans notre esprit, elles sont assez vite remplacées par d’autres, moins nobles, comme la colère ou la jalousie. C’est pourquoi, si nous souhaitons que l’altruisme prédomine en nous, il importe que nous passions du temps à le cultiver car un simple souhait ne suffit pas.

Méditer, c’est se familiariser avec une nouvelle manière d’être. Il faut tout d’abord prendre conscience qu’au plus profond de soi on redoute la souffrance et on aspire au bonheur. Une fois reconnue cette aspiration, il faut ensuite prendre conscience du fait que tous les êtres la partagent.

Comment cultiver l’amour altruiste ?
Imaginons un jeune enfant qui s’approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d’innocence. Nous le contemplant avec tendresse et le prenons dans nos bras, tandis que nous ressentons un amour et une bienveillance inconditionnels. Laissons-nous imprégner entièrement par cet amour qui ne veut rien d’autre que le bien de cet enfant. Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Nous pouvons aussi choisir n’importe quelle autre personne envers qui nous éprouvons une grande tendresse et une profonde reconnaissance.

Souhaitons de tout cœur que cette personne trouve le bonheur et les causes du bonheur, puis étendons cette pensée à tous ceux qui nous sont proches, puis à ceux que nous connaissons moins, puis progressivement à tous les êtres.

Enfin, souhaitons-le à nos ennemis personnels et aux ennemis de toute l’humanité. Dans ce dernier cas, cela ne signifie pas que nous souhaitons qu’ils réussissent dans leurs projets funestes. Nous formons simplement le vœu qu’ils abandonnent leur haine, leur avidité, leur cruauté ou leur indifférence, et que la bienveillance et le souci du bonheur d’autrui voient le jour dans leur esprit. Plus la maladie est grave, plus le malade a besoin de soins, d’attention et de bienveillance. Embrassons ainsi la totalité des êtres dans un sentiment d’amour illimité.

Méditation sur l’amour altruiste… Mardi 07 septembre 2010

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Publié le 8 Avril 2015

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Regarde-toi assise dans l'ombre
A la lueur de nos mensonges
Une main glacée jusqu'à l'ongle

Regarde toi à l'autre pôle
Fermer les yeux sur ce qui nous ronge
On a changé à la longue

On a parcouru les chemins
On a tenu la distance
Et je te hais de tout mon corps
Mais je t'adore

On a parcouru les chemins
On a souffert en silence
Et je te hais de tout mon corps
Mais je t'adore encore

Je vis dans une maison de verre
A moitié rempli de ton eau
Sans s'arrêter le niveau monte

Je suis le fantôme qui s'égare
Je suis étranger à ton cœur
Seulement regarde comme on est seul

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Publié le 8 Avril 2015

Dans le langage ordinaire, les sons des mots sont secondaires. C'est leur sens qui compte. Les poètes, eux, travaillent les sonorités pour qu'elles contribuent à la création du sens et à la musique des vers. Le langage poétique a souvent recours à des comparaisons et des métaphores. Ces images rapprochent deux réalités plus ou moins éloignées; elles s'adressent à l'imagination du lecteur. Bref, la poésie veut être une puissance d'enchantement qui charme profondément l'auditeur ou le lecteur. C'est pourquoi la poésie est conçue, dès son apparition, pour être chantée ou récitée, comme le font au Moyen Âge ménestrels et troubadours. Elle entraîne l'élaboration d'un nouveau langage qui repose sur le rythme et les sonorités, l'unité du vers et celle de la strophe... Toutefois, vers le milieu du XIXe siècle, les poètes se sont affranchi des règles de versification et ont créé leurs propres normes poétiques. La versification libre tel qu’on l’entend au sens moderne du terme prend racine avec le mouvement précurseur des " Symbolistes ".

Mais qu'est-ce donc que la poésie ?

La poésie n'est ni dans la vie, ni dans les choses. C'est ce que vous en faites et ce que vous y ajoutez. La poésie est dans ce qui n'est pas. Dans ce qui nous manque. Dans ce que nous voudrions qui fût. Elle est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas. C'est le lien entre nous et le réel absent. C'est l'absence qui fait naître les poèmes.

Pour Pierre Reverdy : " Le poète est un four à brûler le réel ". C'est pourquoi les mots ont tant d'importance pour lui - et tant de valeur - les rapports des mots entre eux, le rythme et les assonances de la phrase. Il ne dispose de rien d'autre que ça... Pour Gaston Bachelard : " Le poète est celui qui a le pouvoir de déclencher le réveil de l’émotion poétique dans l’âme du lecteur "... Paul Eluard, affirmait lui : " Que le poète est plus celui qui inspire que celui qui est inspiré ".

Donc la vraie poésie est la seule qui parvient à éveiller de l’intérêt chez le lecteur. La vraie poésie s’adresse directement, sans passer par l’intellect, au poète qui réside en chacun de nous. Car nous sommes tous poètes. Nous sommes tous capables de nous émerveiller, de ressentir une émotion poétique devant un paysage, devant la beauté. Mais comme les images assez fortes pour réveiller notre instinct poétique ne se présentent pas constamment devant nous, le poète s’en charge.

Le poète a donc pour mission de multiplier en nous les moments d’émotions intenses que nous vivons quand nous prenons conscience de la beauté autour de nous. Il le fait par l’éclat de son langage et par l’abondance des images qu’il nous offre. Le poète s’efforce de réveiller le poète endormi en nous. Il nous empêche de perdre conscience de la beauté du monde. Ce qui est fort important. Car la beauté est l’art pur. Elle est ce qui nous console de vivre. Un petit proverbe persan exprime parfaitement cette importance de la beauté dans notre vie : " Si tu me donnes deux pains, j’en vendrai un pour acheter des jacinthes pour nourrir mon âme ". La poésie est aussi un jeu du langage. Pour exprimer la beauté le poète utilise les mots, les sonorités, le rythme. Le poète joue avec les sons et par là, inconsciemment, reproduit un plaisir oublié de son corps : le jeu des sons.

La poésie sourd du plus profond de l’enfance du poète. Du temps où, enfant, les sons et les rythmes étaient ses seuls jouets. En effet, le bébé dans son berceau découvre à un moment, que certains organes de son corps produisent un bruit. Il éprouve alors un plaisir très vif à reproduire ces sons qu’il rythme de plus en plus rapidement avec les mouvements de ses pieds et de ses mains. Il s’enivre, on dirait, des sonorités que sa bouche produit dans son apprentissage du langage. Ce plaisir se poursuit tout au long de l’enfance, quand l’enfant joue avec les mots, fabrique des comptines, les déplace comme des jouets pour construire des phrases qui le font rire et lui procurent des émotions. Comme l’enfant, le poète s’enivre lui aussi des sonorités des phrases et revit inconsciemment ce très ancien plaisir du corps et des jeux. La poésie est donc très sensuelle.

Le poète, bien loin d’habiter les nuages, est l’être qui vit le plus près de son corps. Le plus près de ses sens. Pour écrire le poète utilise davantage ses sens que son intellect. Il est, comme le dit Paul Éluard : " Un professeur des sens ". Il nous apprend à ressentir. Il est facile de découvrir, en lisant les poètes, que constamment ils regardent, écoutent, sentent, touchent et goûtent. On dit même, que cette sensualité de la poésie explique le manque d’intérêt des occidentaux à son égard.

Notre éducation nous portant à repousser les plaisirs du corps, le plaisir du jeu, le plaisir de vivre. Tandis que les peuples primitifs et les Orientaux sont naturellement ouverts, eux, à la poésie. Aussi, la poésie est-elle toujours la première littérature d’un peuple. Il y a toujours chez un peuple de grands poètes avant d’y avoir de grands romanciers.

La poésie et le rêve utilisent pour construire leurs images l’énergie libre de l’inconscient. Il devient plus facile de comprendre la poésie moderne si on l’aborde comme on aborde ses rêves. Si absurdes que nos rêves puissent nous apparaître parfois, jamais nous leur refusons une secrète signification.

La poésie et les rêves sont produits par un processus de l’inconscient qui fond ensemble plusieurs pensées dans la même image. Une image qui a plusieurs sens contient plus d’émotion.

La poésie, comme le rêve, donne elle aussi la parole aux voix oubliées en nous. Celles qu’essaie de faire taire notre éducation. Elle construit ses images à partir de la mémoire du poète. leurs racines sont profondément enfouies dans son corps et dans sa vie, comme le rêve dans le corps du dormeur. Sauf que, alors que le dormeur est coupé de la réalité, le poète demeure lui, en contact étroit avec le réel. Il est plutôt dans un état de rêverie, comme dit Gaston Bachelard. Et c’est cette différence de contact avec la réalité qui donne de la poésie, et non un rêve.

Le poète est un rêveur éveillé qui parvient à nous donner une vision exacte du monde et des images qui s’y trouvent. Car notre éducation et notre usure de vivre finissent par nous voiler la réalité. À force de les regarder nous ne voyons plus les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous pensons qu’elles sont.

Le poète nous rend notre regard d’enfant. Notre regard premier. L’homme a inventé le langage pour décrire avec des mots les images de ce qu’il voyait. Le poète fait l’opération inverse : il utilise les mots pour repeindre les images exactes.

La poésie, comme le dit Octavio Paz, c’est : " Les paroles éparses du réel. La vraie poésie doit donc être capable de frayer son chemin toute seule jusqu’à notre cœur pour y empêcher nos émotions de se dessécher, en ravivant en nous les images de la beauté du monde. La poésie est un échange entre tous, à un niveau de conscience où les phrases deviennent porteuses d’une signification, à la fois plus lourde et plus légère que les mots eux-mêmes, et que l’esprit saisit d’emblée sans traduire. "...

2014, Le " Cercle des Nymphes Poétiques "…

Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Mes moindres habitudes
Ma liberté
Toi qui m'as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière

Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière

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Mademoiselle de bonne tenue,
Pardonnez-moi d'être venu
Faire pousser la mauvaise herbe
Dans vos jardins entretenus,
D'avoir cueilli dans vos vergers
Les tendres fruits effarouchés
Qu'à un joli jeune homme imberbe
Vous destiniez dans vos projets.

Si j'ai braconné votre cœur
Comme le dernier des maraudeurs
Et si j'ai froissé quelques roses,
Vos dix-huit ans en sont la cause.

Pardonne-moi aussi, veux-tu,
Désertant les sentiers battus
D'avoir piétiné les plates-bandes
Où vivait la fleur de vertu.
Mademoiselle de bon aloi,
Quand c'est 1'amour qui fait la loi,
J'ai la bouche bien trop gourmande
Pour baiser le bout de vos doigts.

Si j'ai braconné votre cœur
Comme le dernier des maraudeurs
Et si j'ai froissé quelques roses,
Vos dix-huit ans en sont la cause.

Mademoiselle de bonne tenue,
Demain quand je ne serai plus
Qu'une ombre que le vent disperse,
Un lointain amour défendu.
Je demanderai au Bon Dieu
Que le soleil quitte les cieux
Et que la pluie tombe en averse
Sur le jardin des jours heureux.

Quand je braconnais votre cœur
Comme le dernier des maraudeurs,
J'y ai laissé un chrysanthème
Porter le deuil de mes "Je t'aime".

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Destins, destins, corps bruts par l'esprit achevés !
La lune est sur les monts, les astres sont levés !
Sur la rose assoupie un beau Zéphyr nu vole ;
Dans l'éclat velouté de cette lune molle
Les oeufs des rossignols brillent ! Soleil pieux
Bientôt tu mûriras ces fruits mélodieux ;
Le chantre aux tendres yeux brisera ses demeures ;
Il dira le secret rayonnement des heures,
L'eau des vallons glacés, le saphir des bluets...

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Publié le 8 Avril 2015

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Je t'apporte ce soir ma natte plus lustrée
Que l'herbe qui miroite aux collines de juin ;
Mon âme d'aujourd'hui fidèle à toi rentrée
Odore de tilleul, de verveine et de foin ;
Je t'apporte cette âme à robe campagnarde.
Tout le jour j'ai couru dans la fleur des moissons
Comme une chevrière innocente qui garde
Ses troupeaux clochetant des refrains aux buissons.
Je fis tout bas ta part de pain et de fromage ;
J'ai bu dans mes doigts joints l'eau rose du ruisseau
Et dans le frais miroir j'ai cru voir ton image.
Je t'apporte un glaïeul couché sur des roseaux.
Comme un cabri de lait je suis alerte et gaie ;
Mes sonores sabots de hêtre sont ailés
Et mon visage a la rondeur pourpre des baies
Que donne l'aubépine quand les mois sont voilés.
Lorsque je m'en revins, dans les ombres pressées
Le soc bleu du croissant ouvrait un sillon d'or ;
Les étoiles dansaient cornues et lactées ;
Des flûtes de bergers essayaient un accord.
Je t'offre la fraîcheur dont ma bouche était pleine,
Le duvet mauve encor suspendu dans les cieux,
L'émoi qui fit monter ma gorge sous la laine
Et la douceur lunaire empreinte dans mes yeux.

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L'enchantement lunaire endormant la vallée
Et le jour s'éloignant sur la mer nivelée
Comme une barque d'or nombreuse d'avirons,
J'ai rassemblé, d'un mot hâtif, mes agneaux ronds,
Mes brebis et mes boucs devenus taciturnes
Et j'ai pris le chemin des chaumières nocturnes.
Que l'instant était doux dans le tranquille soir !
Sur l'eau des rayons bleus étant venus s'asseoir
Paraissaient des sentiers tracés pour une fée
Et parfois se plissaient d'une ablette apeurée.
Le troupeau me suivait, clocheteur et bêlant.
Je tenais dans mes bras un petit agneau blanc
Qui, n'ayant que trois jours, tremblait sur ses pieds roses
Et restait en arrière à s'étonner des choses.
Le silence était plein d'incertaines rumeurs,
Des guêpes agrafaient encor le sein des fleurs,
Le ciel était lilas comme un velours de pêche.
Des paysans rentraient portant au dos leur bêche
D'argent qui miroitait sous un dernier rayon,
Et des paniers d'osier sentant l'herbe et l'oignon.
Les champs vibraient encor du jeu des sauterelles.
Je marchais. L'agneau gras pesait à mes bras frêles.
Je ne sais quel regret me mit les yeux en pleurs
Ni quel émoi me vint de ce cœur sur mon cœur,
Mais soudain j'ai senti que mon âme était seule.
La lune sur les blés roulait sa belle meule ;
Par un même destin leurs jours étant liés,
Mes brebis cheminaient auprès de leurs béliers ;
Les roses défaillant répandaient leur ceinture
Et l'ombre peu à peu devenait plus obscure.

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Publié le 8 Avril 2015

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Ce que je sais d'aujourd'hui, en hâte je l'impose à ta surface, pierre
plane, étendue visible et présente ;

Ce que je sens, - comme aux entrailles l'étreinte de la chute, - je l'étale
sur ta peau, robe de soie fraîche et mouillée ;

Sans autre pli, que la moire de tes veines : sans recul, hors l'écart de
mes yeux pour te bien lire ; sans profondeur, hormis l'incuse nécessaire
à tes creux.

Qu'ainsi, rejeté de moi, ceci, que je sais d'aujourd'hui, si franc, si
fécond et si clair, me toise et m'épaule à jamais sans défaillance.

J'en perdrai la valeur enfouie et le secret, mais ô toi, tu radieras, mémoire
solide, dur moment pétrifié, gardienne haute

De ceci... Quoi donc était-ce... Déjà délité, décomposé, déjà bu, cela
fermente sourdement déjà dans mes limons insondables.

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Mon amante a les vertus de l'eau : un sourire clair, des gestes
coulants, une voix pure et chantant goutte à goutte.

Et quand parfois, malgré moi - du feu passe dans mon regard,
elle sait comment on l'attise en frémissant : eau jetée sur les
charbons rouges.

Mon eau vive, la voici répandue, toute, sur la terre ! Elle glisse,
elle me fuit ; - et j'ai soif, et je cours après elle.

De mes mains je fais une coupe. De mes deux mains je l'étanche
avec ivresse, je l'étreins, je la porte à mes lèvres :

Et j'avale une poignée de boue.

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