Publié le 8 Avril 2015

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" L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe."

" Le meilleur de la vie se passe à dire : « Il est trop tôt », puis : « Il est trop tard »."

" L'amour, peu à peu, s'éteint par l'absence, le regret s'étouffe par l'habitude."

" Les érections de la pensée sont comme celles du corps ; elles ne viennent pas à volonté !"

" Prenez garde à la tristesse, c'est un vice."

" Le génie, c'est Dieu qui le donne, mais le talent nous regarde."

" Le bonheur n'est pas de chercher le bonheur, mais d'éviter l'ennui."

" Un infini de passions peut tenir dans une minute."

" Si je t'aime ! mais je t'adore, mon amour !"

" As-tu quelquefois voulu être petit oiseau ? Nous volerions ensemble, ça doit être si doux de faire l'amour dans l'air ! Les vents vous poussent, les nuages vous entourent."

" Il y a des moments où l'on croit que l'avenir touche au ciel et qu'on va le prendre avec la main, – crac, une plaine, – un vallon qui descend, et l'on court toujours, emporté par soi-même, pour se briser le nez sur un caillou, s'enfoncer les pieds dans la merde ou tomber dans une fosse."

" Ô l'avenir, horizon rose aux formes superbes, aux nuages d'or, où votre pensée vous caresse, où le cœur part en extase et qui, à mesure qu'on s'avance, comme l'horizon, recule, recule et s'en va !"

" Un cœur est une richesse qui ne se vend pas, qui ne s'achète pas, mais qui se donne."

" La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie."

" Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue."

" Le moyen de vivre avec sérénité et au grand air, c'est de se fixer sur une pyramide quelconque, n'importe laquelle, pourvu qu'elle soit élevée et la base solide. Ah ! Ce n'est pas toujours amusant et l'on est tout seul ; mais on se console en crachant d'en haut."

" Pour garder sa conscience pure, mettez-la au-dessus de celles de tous les autres."

" Lorsque de mauvaise foi on entonne l'éloge d’un homme médiocre, qu'attendre sinon une médiocrité ?"

" L'éloge des qualités morales, agréablement entrelacé à celui des qualités intellectuelles et mises ensemble au même niveau, est une des plus belles bassesses de l'art oratoire. Comme chacun croit posséder les premières, du même coup on s'attribue les secondes !"

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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La grande amour que vous m'aviez donnée
Le vent des jours a rompu ses rayons
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrés
       Nous nous tenions
Notre soleil, dont l'ardeur fut pensée
L'orbe pour nous de l'être sans second
Le second ciel d'une âme divisée
       Le double exil où le double se fond
Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte,
Vos yeux vers lui ne l'ont pas reconnu
L'astre enchanté qui portait hors d'atteinte
L'extrême instant de notre seule étreinte
       Vers l'inconnu.
Mais le futur dont vous attendez vivre
Est moins présent que le bien disparu.
Toute vendange à la fin qu'il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu'ivre
       Du vin perdu.
J'ai retrouvé le céleste et sauvage
Le paradis où l'angoisse est désir.
Le haut passé qui grandi d'âge en âge
Il est mon corps et sera mon partage
       Après mourir.
Quand dans un corps ma délice oubliée
Où fut ton nom, prendra forme de cœur
Je revivrai notre grande journée,

Et cette amour que je t'avais donnée
       Pour la douleur.

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Le vin qui coule dans ma veine
A noyé mon cœur et l'entraîne
Et je naviguerai le ciel
À bord d'un cœur sans capitaine
Où l'oubli fond comme du miel.
Mon cœur est un astre apparu
Qui nage au divin non pareil.
Dérive, étrange devenu !
Ô voyage vers le soleil
Un son nouvel et continu
Est la trame de ton sommeil.
Mon cœur a quitté mon histoire
Adieu Forme je ne sens plus
Je suis sauvé je suis perdu
Je me cherche dans l'inconnu
Un nom libre de la mémoire.

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Un chant pour toutes les mers, pour tous les bateaux
Voyez d'abord la mer, puis sur sa poitrine sans limite, dilatée, les bateaux; voyez comme leurs voiles blanches, gonflées dans le vent, émaillent le vert et le bleu.
Voyez les vapeurs qui, jetant leur panache, entrent dans le port ou en sortent.
Voyez ténébreuses et ondoyantes, les longues oriflammes de fumée.
Voyez d'abord la mer, puis sur sa poitrine sans limite, dilatée, les bateaux.

Aujourd'hui un bref récitatif rudimentaire, de bateaux sillonnant les mers, avec chacun son pavillon ou son fanion personnel, de héros anonymes, leurs équipages, de vagues qui s'étendent, s'étendent à perte de vue, d'embruns qui cinglent, et ces vents qui sifflent et soufflent, d'où surgit un hymne aux marins de toutes les nations, fluctuant comme une houle.
De capitaines jeunes et vieux, de seconds, et de tous les matelots intrépides, des quelques uns, l'élite, taciturnes, que le destin ne peut jamais surprendre ni la mort effrayer, pris avec parcimonie, sans bruit, par toi, vieil océan, choisis par toi - Toi mer qui prends et cueilles cette race, au jour dit, et qui unis les nations -, allaités par toi, vieille nourrice rauque, t'incarnant, indomptables, indomptés comme toi.

Envoie, ô mer, les différents pavillons de tes nations !
Envoie, visibles comme toujours, les fanions divers !
Mais réserve tout spécialement pour toi et pour l'âme de l'homme un pavillon au dessus de tous les autres, un fanion spirituel tissé pour toutes les nations, emblème de l'homme, exalté au dessus de la mort.

Témoignage de tous les braves capitaines et de tous les intrépides matelots et seconds, et de tous ceux qui se sont noyés en faisant leur devoir, qui célèbre leur mémoire, tressé de tous les capitaines intrépides, jeunes ou vieux, une oriflamme universelle, qui ondoie légère à jamais au dessus de tous les braves marins, de toutes les mers, de tous les bateaux.

Sur la plage, seul, la nuit, tandis que la vieille mère se balance, en avant puis en arrière, et chante sa chanson rauque alors que je regarde l'éclat des étoiles brillantes, me vient une pensée sur la clé des univers et du futur.
Une vaste similitude entrelace toute chose, toutes les distances d'espace si grandes soient-elles, toutes les distances de temps, toutes les âmes, tous les corps vivants pour différents qu'ils soient, toutes les nations, toutes les identités qui ont existé ou peuvent exister, toutes les vies et les morts, tout du passé, du présent, du futur, cette vaste similitude les embrasse, les a toujours embrassés et à tout jamais les embrassera et les tiendra étroitement enserrés et ceints.

Les vagues…
Derrière le navire, derrière les vents qui sifflent, derrière les voiles gris-blanc tendues sur leurs mâtures et leurs gréements, en bas, une myriade, myriade de vaques qui se hâtent, se haussent du col, tendent en un flux incessant vers le sillage du navire, vagues de l'océan qui bouillonnent et gargouillent, espiègles et curieuses, vagues, vagues ondulantes, vagues liquides, inégales, rivales, vers ce courant tourbillonnant, qui rient et se chevauchent en courbes, là ou la grande nef, virant de bord dans sa marche, a déplacé la surface.
Vagues plus grandes et plus petites qui flottent nostalgiques sur l'étendue de l'océan  - le sillage du navire après son passage - flamboyantes et folâtres sous le soleil, une procession bigarrée en mille mouchetures d'écume et en mille éclats, suivant le navire majestueux et rapide, le suivant en son sillage.

Les explorateurs…
Ô vaste Rondeur qui nages dans l'espace, tout enveloppée de visible puissance et de beauté -
la lumière et le jour alternant avec l'obscurité spirituellement foisonnante, hautes processions indicibles de soleil, de lune et d'étoiles sans nombre, là haut, et en bas, les herbes et les eaux multiples, dans un dessein impénétrable, quelque intention prophétique cachée -  pour la première fois maintenant il semble que mon esprit commence à t'embrasser.

Descendant des jardins de l'Asie, apparaissent Adam et Eve, suivis de leur progéniture innombrable; ils errent, languissent, sans repos explorant, s'interrogeant, déconcertés, confus, fébriles, le coeur jamais heureux, avec sans cesse cette triste rengaine – «Pourquoi donc, âme insatisfaite ?» - «Vers où, ô vie railleuse ?»
Ah ! Qui apaisera ces enfants fébriles ?
Qui justifiera ces explorations sans repos ?
Qui dira le secret de la terre impassible ?

Pourtant, mon âme, sois sûre que ce dessein premier demeure et sera poursuivi, peut être même que le temps en est venu.
Après que les mers auront toutes été parcourues, après que les grands capitaines et ingénieurs auront accompli leur tâche, après les nobles inventeurs, finalement viendra le poète digne de ce nom, le vrai fils de Dieu viendra et chantera ses chants.

Oh ! Nous ne pouvons plus attendre !
Nous aussi, ô mon âme, embarquons et joyeux, nous aussi lançons-nous sur des mers vierges de sillages, intrépides, vers des rivages inconnus sur des vagues d'extase, parmi les vents qui nous poussent (tu me serres contre toi, je te serre contre moi, ô mon Ame !), chantant gais et libres, entonnant notre chant de Dieu, chantant notre cantique d'une exploration riche de plaisirs.

Ô mon âme, tu me donnes ces plaisirs et moi à toi, lorsque nous sillonnons les mers, ou que nous parcourons les collines, ou que nous veillons la nuit.
Des pensées, de silencieuses pensées de Temps, d'Espace et de Mort, s'écoulant comme de l'eau, me portent vraiment comme à travers des contrées infinies dont je respire l'air, dont j'entends la risée, me lavent tout entier, me baignent, ô Dieu, en toi, m'élevant vers toi, et moi et mon âme parcourons les horizons à portée de toi.

Ô toi, transcendant, toi sans nom, la fibre et le souffle, toi lumière de la lumière, semant devant toi des univers, toi leur centre.
Je me recroquevillerais à l'instant à la pensée de Dieu, devant la Nature et ses merveilles, Temps, Espace et Mort, si, me retournant, je ne faisais appel à toi, ô mon âme, toi le vrai moi.
Et voici que tu maîtrises doucement le cours des astres, tu fais échec au Temps, tu souris heureuse à la Mort, tu te gonfles et remplis les immensités de l'Espace.

Plus grande que les étoiles ou les soleils, bondissante, ô mon âme, tu pousses plus avant ton voyage.

Partons, ô mon âme !
Lève l'ancre à l'instant !
Coupe les amarres - hâle les bouts - largue une à une chaque voile !
Prends le large - ne mets le cap que sur les grands fonds !
Téméraire, ô mon âme, dans tes explorations, moi avec toi et toi avec moi, car nous sommes en partance pour ces lieux où aucun marin n'a encore jamais osé aller, et nous risquerons le navire, nous-mêmes et tout le reste.
Ô mon âme valeureuse !
Oh, vogue, vogue plus loin !
Ô joie audacieuse mais sûre !
Les mers ne sont-elles pas toutes de Dieu ?
Oh, vogue, vogue plus loin !

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Publié le 8 Avril 2015

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Yo soy un hombre sincero
De donde crece la palma
Y antes de morirme quiero
Echar mis versos del alma

Guantanamera, guajira Guantanamera

Mi verso es de un verde claro
Y de un carmín encendido
Mi verso es un ciervo herido
Que busca en el monte amparo

Guantanamera, guajira Guantanamera

Cultivo una rosa blanca
En julio como en enero
Para el amigo sincero
Que me da su mano franca

Guantanamera, guajira Guantanamera

Con los pobres de la tierra
Quiero yo mi suerte echar
El arroyo de la sierra
Me complace más que el mar

Guantanamera, guajira Guantanamera

Je suis un homme sincère,
Du pays où pousse le palmier,
Et avant de mourir, je veux,
Verser mon chant hors de mon âme,

Guantanamera, guajira Guantanamera

Mes vers sont d'un vert si clair,
Et d'un carmin si brûlant,
Mes vers sont comme un cerf blessé
Qui cherche refuge dans les bois

Guantanamera, guajira Guantanamera

Je cultive une rose blanche
En Juillet comme en Janvier,
Pour tout ami sincère
Qui me donne sa main franchement

Guantanamera, guajira Guantanamera

Des pauvres de la terre,
Je veux partager le sort.
Le ruisseau de la montagne
Me plait plus que l'océan.

Guantanamera, guajira Guantanamera

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Publié le 8 Avril 2015

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Viens avec moi
je te dirai le cri des sternes
et le psaume des pierres levées
(...)
Viens avec moi
je te dirai les dieux fraternels
dans les chapelles bleues
Viens
nous inventerons un pays mystique
violentes seront les femmes comme des solstices
il y aura des nids chantants dans les poutres
les nefs seront pleines d'hirondelles.

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J’aurais aimé chanter le triomphe
Des marées à la corne des caps
Et la douceur des plages
Dans les criques pélagiennes
Un orchestre de pianistes
Et de harpeurs
Eût repris le thème de l’antienne
Sur le gradin des môles
Car je portais dans mon sang mystique
Des hymnes marins
Et des fureurs liturgiques
J’aurais aimé chanter
Les varechs verts
Les germons bleus
Les daurades d’or
Les couleurs et les chaos
Par la harpe et le saxo
Mon dieu je vous adore !

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Terre dure de dunes et de pluies
c'est ici que je loge
cherchez, vous ne me trouverez pas
c'est ici, c'est ici que les lézards
réinventent les menhirs
c'est ici que je m'invente
j'ai l'âge des légendes
j'ai deux mille ans
vous ne pouvez pas me connaître
je demeure dans la voix des bardes
0 rebelles, mes frères
dans les mares les méduses assassinent les algues
on ne s'invente jamais qu'au fond des querelles

Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas
dans mes racines je demeure
Allez dire à la ville qu'à Raguénuès et Kersidan
la mer conteste la rive
que les chardons accrochent la chair des enfants
que l'auroch bleu des marées
défonce le front des brandes

Allez dire à la ville
que c'est ici que je perdure
roulé aux temps anciens
des misaines et des haubans
Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas

Poètes et forbans ont même masure
les chaumes sont pleins de trésors et de rats
on ne reçoit ici que ceux qui sont en règle avec leur âme sans l'être avec la loi
les amis des grands vents
et les oiseaux perdus
Allez dire la ville
que je ne reviendrai pas

Terre dure de dunes et de pluies
pierres levées sur l'épiphanie des maïs
chemins tordus comme des croix
Cornouaille
tous les chemins vont à la mer
entre les songes des tamaris
les paradis gisent au large
Aven
Eden
ria des passereaux
on met le cap sur la lampe des auberges
les soirs sont bleus sur les ardoises de Kerdruc
O pays du sel et du lait
Allez dire à la ville
Que c'en est fini
je ne reviendrai pas
Le Verbe s'est fait voile et varech
bruyère et chapelle
rivage des Gaëls
en toi, je demeure.

Allez dire à la ville
Je ne reviendrai pas.

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Publié le 8 Avril 2015

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Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye teg ;
Vayl kumen vet noch undzer oysgebenkte shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot - mir zaynen do !

Es vet di morgenzun bagilden undz dem haynt,
Un der nechten vet farshvinden mitn faynt ;
Nor oyb farzamen vet di zun in dem ka-yor,
Vi a parol zol geyn dos leed fun door tzu door.

Geshriben iz dos leed mit blut und nit mit bly,
S'iz nit keyn leedl fun a foygel oyf der fry ;
Dos hut a folk tzvishen falendi-ke vent,
Dos leed gezungen mit naganes in di hent.

Fun grinem palmenland biz land fun vaysen shney,
Mir kumen un mit undzer payn, mit undzer vey ;
Un voo gefalen iz a shpritz fun undzer blut,
Shpritzen vet dort undzer gvure, undzer mut.

Zog nit keyn mol az du gayst dem letzten veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye teg ;
Kumen vet noch undzer oysgebenkte shuh,
Es vet a poyk tun undzer trot -- mir zaynen do !

Ne dis jamais que c'est ton denier chemin,
Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour ;
Car sonnera pour nous l'heure tant attendue,
Nos pas feront retentir ce cri : nous sommes là !

Le soleil illuminera notre présent,
Les nuits noires disparaîtront avec l'ennemi ;
Et si le soleil devait tarder à l'horizon,
Ce chant se transmettra comme un appel.

Ce chant n'a pas été écrit avec un crayon mais avec du sang,
Ce n'est pas le chant d'un oiseau en liberté ;
Un peuple entouré de murs qui s'écroulent,
L'a chanté, « Nagan » à la main.

Du vert pays des palmiers jusqu'au pays des neiges blanches,
Nous arrivons avec nos souffrances et nos douleurs ;
Et là où est tombé la plus petite goutte de sang,
Jaillira notre héroïsme et notre courage.

C'est pourquoi ne dis jamais que c'est ton dernier chemin,
Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour ;
Car sonnera pour nous l'heure tant attendue,
Nos pas feront retentir ce cri : nous sommes là !

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Publié le 8 Avril 2015

Une fantaisie dans la vallée de la pierre blanche.

L’être d’une allégorie, celle de la licorne ;
Fabuleux cheval à la corne d'ivoire, qui tranche
D'un seul coup de tête les esprits qui fanfaronnent.


Les rus d'eau ne sont à l’origine d’aucunes sources.
C’est le ciel dispensateur d’un crachin diffus,
Qui jusqu’à l’éphémère ornière en fin de course,
Auréole d’ondée les jachères d’herbes touffues.

Le chemin s'endigue au devant d’un panneau où,
Sans laisser d’empreintes chimériques aux abois,
Tout s’oppose à l'idée sans la raison d’un coup
À s’aventurer pour fuir par-delà l’endroit…

Armand Rothan Manny

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Publié le 8 Avril 2015

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Le livre des fuites

" Le mouvement m'a pris un jour, et son ivresse n'est pas près de finir. Mon moteur me tire en avant, et c'est pour toujours de nouveaux kilomètres."

Faim

" C'est un pain carré, fait au moule avec de la farine de force, léger, odorant, à la mie aussi blanche que le papier sur lequel j'écris. Et à l'écrire, je sens l'eau à ma bouche, comme si le temps n'était pas passé et que j'étais directement relié à ma petite enfance. La tranche de pain fondant, nuageux, que j'enfonce dans ma bouche et à peine avalée j'en demande encore, encore, et si ma grand-mère ne le rangeait pas dans son armoire fermée à clef, je pourrais le finir en un instant, jusqu'à en être malade. Sans doute rien ne m'a pareillement satisfait, je n'ai rien goûté depuis qui a comblé à ce point ma faim, qui m'a à ce point rassasié."

Écriture

" Mais quand j'avais sept ans, j'avais du mal à comprendre que je faisais réellement ce voyage. C'était plus important, pour moi, de l'écrire que de le faire. Comme si, en me contentant de le faire, je n'avais pas été suffisamment conscient, ou que quelque chose allait m'échapper. "

Écrivain

" Un écrivain, c'est quelqu'un qui a le luxe, la chance - ou parfois, le désespoir - de pouvoir noter ses gestes inutiles, ses pensées inutiles - en plus des autres! - et d'arriver parfois à en faire quelque chose qui tienne debout."

Silence

" (...) le silence n'y est pas perçu comme une absence de paroles, mais comme une autre manière de s'exprimer. On pourrait comparer le silence des Amérindiens à la non-violence
des Indiens à l'époque de Gandhi. Quand les Mexicains se taisent, c'est qu'ils ont quelque chose d'important à dire. Et il faut le comprendre. (...) Je crois que c'est une attitude liée à la culture amérindienne. On fait comprendre les choses sans les dire, on doit les comprendre, comme on dit, à demi-mot, et quelquefois sans mot du tout."

Imagination

" Il y avait une atmosphère très épaisse. On ne voyait les côtes qu'à travers une brume, et il faisait très chaud. Le bateau ne venait pas jusqu'à la côte, il n'y avait pas de port. Pour se rendre à terre, il fallait prendre une pirogue. Tout ça faisait que c'était plus simple d'imaginer. Imaginer qu'on vivait quelque chose d'intense et de brûlant était en effet plus simple que de tenter de le vivre dans la torpeur et le bruit des ventilateurs."

Mots

" Sans doute était-elle, du fait de son âge, la seule qui écoutait sans rien dire. Pour les autres, ils avaient passé la plus grande partie de leur vie, et les mots n'étaient que du bruit, du vent. Ils n'avaient pas vraiment de réalité. Peut-être même qu'ils servaient à masquer la vie."

Enfance

" Quand on est enfant, on n'use pas de mots et les mots ne sont pas usés."

Histoire

" J'ai l'impression que l'Histoire peut être un poids terrible, une sorte de carcan; un poids culturel trop lourd, un poids qui ne sert à rien dans la vie quotidienne."

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Publié le 8 Avril 2015

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Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes ?
Ils ont quand ils s'en viennent
Le même regard d'un seul désir pour deux
Ce sont des gens heureux

Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes ?
Quand ils ont leurs problèmes
Ben y a rien à dire
Y a rien à faire pour eux
Ce sont des gens qui s'aiment

Et moi j'te connais à peine
Mais ce s'rait une veine
Qu'on s'en aille un peu comme eux
On pourrait se faire sans qu'ça gêne
De la place pour deux
Mais si ça n'vaut pas la peine
Que j'y revienne
Il faut me l'dire au fond des yeux
Quel que soit le temps que ça prenne
Quel que soit l'enjeu
Je veux être un homme heureux

Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu rebelles?
Ils ont un monde à eux
Que rien n'oblige à ressembler à ceux
Qu'on nous donne en modèle

Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu cruels ?
Quand ils vous parlent d'eux
Y a quelque chose qui vous éloigne un peu
Ce sont des choses humaines

Et moi j'te connais à peine
Mais ce s'rait une veine
Qu'on s'en aille un peu comme eux
On pourrait se faire sans qu'ça gêne
De la place pour deux
Mais si ça n'vaut pas la peine
Que j'y revienne
Il faut me l'dire au fond des yeux
Quel que soit le temps que ça prenne
Quel que soit l'enjeu
Je veux être un homme heureux

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Publié le 8 Avril 2015

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Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l'eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu'il voit
Ce qu'il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l'ai quitté
Et les teintes d'aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d'une nuit d'été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s'étonne
Celui qui ne sait plus prier

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