Publié le 8 Avril 2015

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Pourquoi que je vis
Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D'une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D'un pointu du port
Pour l'ombre des stores
Le café glacé
Qu'on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l'eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c'est joli

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Publié le 8 Avril 2015

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C'est votre ennemi que vous devez chercher, c'est votre guerre que vous devez faire, et pour vos pensées ! Et si votre pensée succombe, alors votre probité doit néanmoins chanter son triomphe !
Vous, je ne vous conseille pas le travail mais la lutte. Vous, je ne vous conseille pas la paix mais la victoire. Que votre travail soit un combat, que votre paix soit une victoire !
L'homme doit être éduque pour la guerre, la femme pour le repos du guerrier; Tout le reste est sottises !
Je préfère encore le vacarme et le tonnerre et les intempéries que ce calme de chat prudent et circonspect; et parmi les humains aussi, ceux que je hais le plus ce sont tous ceux qui vont à pas de loup, ces demi-douteurs et demi-hésitants, ces nuages qui passent. Et celui qui ne peut plus bénir, celui-là doit apprendre à maudire !

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Ce à quoi ils tendent de toutes leurs forces, c'est le bonheur général des troupeaux sur le pâturage, avec la sécurité, le bien être et l'allègement de l'existence pour tout le monde. Les deux rengaines qu'ils chantent le plus souvent sont égalités des droits et pitié pour tout ce qui souffre, et ils considèrent la souffrance elle-même comme quelque chose qu'il faut supprimer. Nous, qui voyons les choses sous une autre face, nous qui avons ouvert notre esprit à la question de savoir ou et comment la plante "homme" s'est développée le plus vigoureusement jusqu'ici[....], nous pensons que la dureté, la violence, l'esclavage le péril dans l'âme et dans la rue, que la dissimulation, le stoïcisme, les artifices et les diableries de toutes sortes, que tout ce qui est mauvais, terrible, tyrannique, tout ce qui tiens de la bête de proie et du serpent sert tout aussi bien à l'élévation du type homme qu'à son contraire.

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Se rendre inoffensif tandis qu'on est le plus redoutable, guidé par l'élévation du sentiment, c'est là le moyen pour arriver à la paix véritable qui doit toujours reposer sur une disposition d'esprit paisible, tandis que ce que l'on appelle la paix armée, telle qu'elle est pratiquée maintenant dans tous les pays, répond à un sentiment de discorde, à un manque de confiance en soi et le voisin, et empêche de déposer les armes soit par haine, soit par crainte. Plutôt périr que de haïr et de craindre, et plutôt périr deux fois que de se laisser haïr et craindre.

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Publié le 8 Avril 2015

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De ta tige détachée,
Pauvre feuille desséchée,
Où vas-tu ? - Je n'en sais rien.
L'orage a brisé le chêne
Qui seul était mon soutien.
De son inconstante haleine
Le zéphyr ou l'aquilon
Depuis ce jour me promène
De la forêt à la plaine,
De la montagne au vallon.
Je vais où le vent me mène,
Sans me plaindre ou m'effrayer:
Je vais où va toute chose,
Où va la feuille de rose
Et la feuille de laurier.

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Publié le 8 Avril 2015

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La voyageuse qui traverse les Halles à la tombée de l'été
Marchait sur la pointe des pieds
Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux
Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels
Que seule a respiré la marraine de Dieu
Les torpeurs se déployaient comme la buée
Au Chien qui fume
Ou venaient d'entrer le pour et le contre
La jeune femme ne pouvait être vue d'eux que mal et de biais
Avais-je affaire à l'ambassadrice du salpêtre
Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée
Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers
La dame sans ombre s'agenouilla sur le Pont-au-Change
Rue Git-le-Coeur les timbres n'étaient plus les mêmes
Les promesses de nuits étaient enfin tenues
Les pigeons voyageurs les baisers de secours
Se joignaient aux seins de la belle inconnue
Dardés sous le crêpe des significations parfaites
Une ferme prospérait en plein Paris
Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée
Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants
Des survenants qu'on sait plus dévoués que les revenants
Les uns comme cette femme ont l'air de nager
Et dans l'amour il entre un peu de leur substance
Elle les intériorise
Je ne suis le jouet d'aucune puissance sensorielle
Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendres
Un soir près de la statue d'Etienne Marcel
M'a jeté un coup d'oeil d'intelligence
André Breton a-t-il dit passe

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Publié le 8 Avril 2015

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Je me suis penché sur la mer
Pour communiquer mon message
Aux poissons:
« Voilà ce que je cherche et que je veux savoir. »

Les petits poissons argentés
Du fond des mers sont remontés
Répondre à ce que je voulais.

La réponse des petits poissons était:
« Nous ne pouvons pas vous le dire
Monsieur
PARCE QUE »
Là la mer les a arrêtés.

Alors j'ai écarté la mer
Pour les mieux fixer au visage
Et leur ai redit mon message:
« Vaut-il mieux être que d'obéir ? »

Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde
Mais j'eus beau crier à la ronde
Ils n'ont pas voulu entendre raison!

Je pris une bouilloire neuve
Excellente pour cette épreuve
Où la mer allait obéir.

Mon cœur fit hamp, mon cœur fit hump
Pendant que j'actionnais la pompe
À eau douce, pour les punir.

Un, qui mit la tête dehors
Me dit: « Les petits poissons sont tous morts. »

« C'est pour voir si tu les réveilles,
Lui criai-je en plein dans l'oreille,
Va rejoindre le fond de la mer.»

Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler
En déclamant ces trois derniers vers,
et Alice pensa avec un frisson:
« Pour rien au monde
Je n'aurai voulu être ce messager ! »

Celui qui n'est pas ne sait pas
L'obéissant ne souffre pas.

C'est à celui qui est à savoir
Pourquoi l'obéissance entière
Est ce qui n'a jamais souffert

Lorsque l'être est ce qui s'effrite
Comme la masse de la mer.

Jamais plus tu ne seras quitte,
Ils vont au but et tu t'agites.
Ton destin est le plus amer.

Les poissons de la mer sont morts
Parce qu'ils ont préféré à être
D'aller au but sans rien connaître
De ce que tu appelles obéir.

Dieu seul est ce qui n'obéit pas,
Tous les autres êtres ne sont pas
Encore, et ils souffrent.

Ils souffrent ni vivants ni morts.
Pourquoi ?

Mais enfin les obéissants vivent,
On ne peut pas dire qu'ils ne sont pas.

Ils vivent et n'existent pas.
Pourquoi ?

Pourquoi ? Il faut faire tomber la porte
Qui sépare l'Être d'obéir !

L'Être est celui qui s'imagine être
Être assez pour se dispenser
D'apprendre ce que veut la mer...

Mais tout petit poisson le sait !
Il y eut une longue pause.
« Est-ce là tout ?
Demanda Alice timidement. »

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Publié le 8 Avril 2015

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Mon enfance est partie
Entraînée par les flots
De l'âge qui s'ennuie.
Elle s'est noyée dans l'eau

D'une mer sans pitié
Pour mes rêves innocents
Pour mes yeux dans le vent.
Je n'ai plus qu'à jeter

Toutes les fleurs fanées
D'une jeunesse passée

Et qu'elles refleurissent
Dans un cœur plein de vie
Qui naît dans les coulisses
D'un théâtre endormi...

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Publié le 8 Avril 2015

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Les cieux
Si bleus,
Le flots
Repos.
La ville
Tranquille.

Seuls quelques nuages blancs
Qui se promènent lentement
Expliquent très posément
Que ce n'est encore que le printemps.

Mais le soleil pâlit,
Le ciel jaunit.
Sur le clocher la girouette,
Anxieuse tout à coup s'arrête.
Et le vent cesse de souffler,
Les branchages se sont figés,
Bêtes et gens sont à l'arrêt.
L'horizon s'est obscurci,
La feuille verte vire au gris.
La terre
Et l'éther
Se terrent.

Subitement
Eclate et clame le vent,
De la nuée violette.
En haut de la tourette

La girouette
Perd la tête,
Et volte
Et virevolte.
Et vive la révolte
Des éléments.

A nouveau le soleil ruisselle
Sur le pavé
Mouillé.
Car ce n'était
Que giboulée.

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Publié le 8 Avril 2015

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Abidjan.
Pays blanc.
« Abidjante ».
Une habitante...

Seule.
Veule.
Solitude de piano.
Les crocs noirs, blancs, rythment le tempo.

Seul.
Tendu dans l'étendue immense du deuil.
Linceuls.
Pompeuses pompes funèbres sans cercueils.

Es-tu la seule habitante ?
Tu me hantes.
Je t'entends battre les tam-tams,
Te vois, arpenter le blanc macadam.

Belfort.
Pays noir.
Plus d'efforts.
Un habitant va choir.
De désespérance...
France.
Côte-d'Ivoire.
Pays noir.

Ma mineure éclose en blanche majeure
Est seule... Sous mes doigts la gamme pleure.
Solo du tempo
De l'agonie en crescendo.

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Publié le 8 Avril 2015

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Qui donc éclos si frais
Si doux et si troublant
Comme un brin de muguet
Au sourire du printemps.

Qui donc, dans la nature
Est plus doux qu'une fleur
Plus doux que le murmure
Du ruisseau cajoleur.

Est-ce donc toi printemps
Qui met tant de douceur
Au cœur des amants
Chantant leur doux bonheur.

Entends, leur chant s'envole
Plus tendre que la chanson
Du gentil rossignol
Où que celle du pinson.

Il monte dans l'espace
Enivré de parfums
Que la nature vivace
Distribue à chacun.

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Publié le 8 Avril 2015

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La muse se fait petite
Dans l'ombre plane du poète.
Sur l'arc-en-ciel elle prend la fuite
Et glisse dans les rais du soleil.

Dans le bleu des mers elle se noie,
Se blottit dans le cou neigeux.
Des cimes qui flamboient
Des feux de l'astre lumineux.

La muse se sent petite
Et devient éclat des torrents
Tumultueux qui crépitent
Et se brisent sur les rochers béants.

La muse est toute petite
Et fuit dans les lumières
Que pour elle le poète agite
Afin qu'elle émerge et se libère.

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