• Forcer la vision des yeux tentacules,
    Au regard fébrile happé d'universalité,
    Laissant l'émotion dévorer jusqu'à satiété,
    La nourriture d'un océan noctambule.
     
    Un peu de ce miel qu'une envie banale,
    D'un nectar subtil, suc des sens si troublant,
    Des mots qui s'écoulent, à l'horizon couchant,
    Aux sensations lascives d'un érotisme astral.

    La falaise se jette dans le vide de l'écume rieuse.
    Voltigeur à voler ; l'oiseau, étoile du vent,
    Ondule en glissade dans l'outre ciel, touchant
    D'un coup d'aile la crête des vagues coléreuses...
     
    Armand Rothan Manny

    http://www.ipernity.com/doc/armanny/730494


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  • Le vent fredonne, le sable d'or virevolte,
    À s’étourdir d’une farandole à toute volée.
    Tant le firmament se moutonne, désinvolte,
    D’un banc de nuages qui refuse à le voiler.

    Un contour mauresque s’image au devant
    D'un horizon de dune ambré, où le regard noir
    D'une féline apparition d'un nouveau temps,
    Diffuse une pensive vision à l'ombre du soir.

    Se laisser savourer de boissons vivantes,
    À peine le temps de ce léger coup de brise,
    Où les yeux s'éblouissent et que la voix chante
    Ces airs tiédis par une lumière imprécise.

    L'allure attise les élans câlins et sereins,
    Comme une délicate fragrance d'un mélange,
    Où le désir se sauve et n'a besoin de rien,
    Sinon d’une tendre appétence qui démange...

    Armand Rothan Manny

    À propos de poésie... About poetry !

    La poésie n'est ni dans la vie, ni dans les choses. C'est ce que vous en faites et ce que vous y ajoutez. La poésie est dans ce qui n'est pas. Dans ce qui nous manque. Dans ce que nous voudrions qui fût. Elle est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas.

    " Nous sommes tous poètes ! "... Nous sommes tous capables de nous émerveiller, de ressentir une émotion poétique face à une révélation, un horizon, une situation, un moment fugitif, un instant surréaliste.

    Armanny


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  • Prisme, pyramide effeuillée vers le haut,
    Tourbillon menteur, tel il est trop fort
    De crier à latitude ses cordes d’un saut,
    D’octaves aux accents à jouer le mentor.

    Sublime se fond l’amalgame doré,
    Dans l’argent gris des cieux du clean,
    Couché sur terre vers un lointain torsadé
    En tenaille entre bleu, azur et green.
     
    Solidairement par la main qui se tend,
    Prenant l’autre comme un fort maillon.
    Le paysage s’invente à chaque mouvement
    De couleurs, à la magie du temps de saison.
     
    Suffisamment la rosée en gouttelettes sera
    Nucléée d’une pluie éthérée de brumes,
    Sustentation d’un entrelacement que filera
    La Femme-Araignée d’un baiser d’amertume…
     
    Armand Rothan Manny

    http://www.ipernity.com/doc/armanny/730494


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  • --------------

    Dans la course effarée et sans but de ma vie
    Dédaigneux des chemins déjà frayés, trop longs,
    J'ai franchi d'âpres monts, d'insidieux vallons.
    Ma trace avant longtemps n'y sera pas suivie.

    Sur le haut des sommets que nul prudent n'envie,
    Les fins clochers, les lacs, frais miroirs, les champs blonds
    Me parlent des pays trop tôt quittés. Allons,
    Vite ! vite ! en avant. L'inconnu m'y convie.

    Devant moi, le brouillard recouvre les bois noirs.
    La musique entendue en de limpides soirs
    Résonne dans ma tête au rythme de l'allure.

    Le matin, je m'éveille aux grelots du départ,
    En route ! Un vent nouveau baigne ma chevelure,
    Et je vais, fier de n'être attendu nulle part.

    --------------

    Au printemps, c'est dans les bois nus
    Qu'un jour nous nous sommes connus.

    Les bourgeons poussaient vapeur verte.
    L'amour fut une découverte.

    Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
    De rêveurs nous devînmes gais.

    Sous la glycine et le cytise,
    Tous deux seuls, que faut-il qu'on dise ?

    Nous n'aurions rien dit, réséda,
    Sans ton parfum qui nous aida.

    --------------

    En été les lis et les roses
    Jalousaient ses tons et ses poses,

    La nuit, par l'odeur des tilleuls
    Nous en sommes allés seuls.

    L'odeur de son corps, sur la mousse,
    Est plus enivrante et plus douce.

    En revenant le long des blés,
    Nous étions tous deux bien troublés.

    Comme les blés que le vent frôle,
    Elle ployait sur mon épaule.

    --------------

    L'automne fait les bruits froissés
    De nos tumultueux baisers.

    Dans l'eau tombent les feuilles sèches
    Et sur ses yeux, les folles mèches.

    Voici les pèches, les raisins,
    J'aime mieux sa joue et ses seins.

    Que me fait le soir triste et rouge,
    Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

    Le vin qui coule des pressoirs
    Est moins traître que ses yeux noirs.

    --------------

    C'est l'hiver. Le charbon de terre
    Flambe en ma chambre solitaire.

    La neige tombe sur les toits.
    Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !

    Même sillage aux cheminées
    Qu'en ses tresses disséminées.

    Au bal, chacun jette, poli,
    Les mots féroces de l'oubli,

    L'eau qui chantait s'est prise en glace,
    Amour, quel ennui te remplace !

    http://armanny.blogg.org

    http://www.ipernity.com/home/armanny


  • --------------

    Suis-je seul ? Je me plais encore au coin du feu.
    De nourrir mon brasier mes mains se font un jeu ;
    J'agace mes tisons ; mon adroit artifice
    Reconstruit de mon feu le savant édifice.
    J'éloigne, je rapproche, et du hêtre brûlant
    Je corrige le feu trop rapide ou trop lent.
    Chaque fois que j'ai pris mes pincettes fidèles,
    Partent en pétillant des milliers d'étincelles :
    J'aime à voir s'envoler leurs légers bataillons.
    Que m'importent du Nord les fougueux tourbillons ?
    La neige, les frimas qu'un froid piquant resserre,
    En vain sifflent dans l'air, en vain battent la terre,
    Quel plaisir, entouré d'un double paravent,
    D'écouter la tempête et d'insulter au vent !
    Qu'il est doux, à l'abri du toit qui me protège,
    De voir à gros flocons s'amonceler la neige !
    Leur vue à mon foyer prête un nouvel appas :
    L'homme se plaît à voir les maux qu'il ne sent pas.
    Mon cœur devient-il triste et ma tête pesante ?
    Eh bien, pour ranimer ma gaîté languissante,
    La fève de Moka, la feuille de Canton,
    Vont verser leur nectar dans l'émail du Japon.
    Dans l'airain échauffé déjà l'onde frissonne :
    Bientôt le thé doré jaunit l'eau qui bouillonne,
    Ou des grains du Levant je goûte le parfum.
    Point d'ennuyeux causeur, de témoin importun :
    Lui seul, de ma maison exacte sentinelle,
    Mon chien, ami constant et compagnon fidèle,
    Prend à mes pieds sa part de la douce chaleur.

    Et toi, charme divin de l'esprit et du cœur,
    Imagination ! De tes douces chimères
    Fais passer devant moi les figures légères !
    A tes songes brillants que j'aime à me livrer !
    Dans ce brasier ardent qui va le dévorer,
    Par toi, ce chêne en feu nourrit ma rêverie
    Quelles mains l'ont planté ? Quel sol fut sa patrie ?
    Sur les monts escarpés bravait-il l'Aquilon ?
    Bordait-il le ruisseau ? Parait-il le vallon ?
    Peut-être il embellit la colline que j'aime,
    Peut-être sous son, ombre ai-je rêvé moi-même.
    Tout à coup je l'anime : à son front verdoyant,
    Je rends de ses rameaux le panache ondoyant,
    Ses guirlandes de fleurs, ses touffes de feuillage,
    Et les tendres secrets que voila son ombrage.
    Tantôt environné d'auteurs que je chéris,
    Je prends, quitte et reprends mes livres favoris ;
    A leur feu tout à coup ma verve se rallume ;
    Soudain sur le papier je laisse errer ma plume,
    Et goûte, retiré dans mon heureux réduit,
    L'étude, le repos, le silence, et la nuit.
    Tantôt, prenant en main l'écran géographique,
    D'Amérique en Asie, et d'Europe en Afrique,
    Avec Cook et Forster, dans cet espace étroit,
    Je cours plus d'une mer, franchis plus d'un détroit,
    Chemine sur la terre et navigue sur l'onde,
    Et fais dans mon fauteuil le voyage du monde.
    Agréable pensée, objets délicieux,
    Charmez toujours mon cœur, mon esprit et mes yeux !
    Par vous tout s'embellit, et l'heureuse sagesse
    Trompe l'ennui, l'exil, l'hiver et la vieillesse.

    http://armanny.blogg.org

    http://www.ipernity.com/home/armanny

     





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