• Hanovre, où que viennent les valses de Vienne,
    Mélodieuses, envoûtantes derrière les persiennes
    De ces trains voyageurs aux nuits for sienne,
    D'un tremblement de tambour... Émilienne.

    Ce sentiment ne peut retenir le désir,
    Unique révélation, ici et maintenant,
    D'une vagabonde, voyageuse du souvenir,
    Que l'attrait au soleil illumine en s'éloignant...

    Armand Rothan Manny

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  • Dans la rue se frottent les gens,
    Les regards furtifs ne voyant pas, 
    Le clochard philosophe qui à l'instant, 
    Éternue et pense qui vivra, verra.
     
    La soupe est souvent bonne au coin, 
    Près des lampadaires bleuissants ; 
    C'est là que tout le monde se rejoint, 
    Pour s'éclater d'un rire bon enfant.
     
    Les pavés sont souvent souillés,
    Par un mélange de larmes tristes ; 
    Mais aussi celles d'une destinée, 
    Qui voie s'envoler le temps très vite.
     
    Quelquefois le bitume se soulève,
    Pour laisser pousser hors de terre,
    Une multitude de fleurs de rêve ; 
    Qui caressent des seins imaginaires.
     
    Le tout est arrosé, nourrit d'une pluie ; 
    De grosses gouttes lourdes, d'une légèreté, 
    Comme le baisé suave d'une nuit,
    Dans laquelle on se blottirait rassuré.
     
    Armand Rothan Manny

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  • Lorsque on a vécu ses jeunes années à côté des locomotives à vapeur, on en garde quelques souvenirs ... Les lucifériennes ferrailles soufflaient, chuintaient ou sifflaient selon leurs va-et-vient ... Elles crachaient leurs volutes de fumées blanches ou noires, poussaient d'inquiétants mugissements lorsqu'elles quittaient leurs garages pour aller filer ailleurs très loin, sur les grandes lignes de Sarreguemines vers Sarrebruck, Strasbourg-Hausbergen-Port du Rhin, Mulhouse-Nord, Bâle-Muttenz, Nancy-Blainville, Metz-Frescaty ... Destinations trop lointaines pour l'enfant que j'étais ... Un feu permanent habitait ces dragons d'acier, c'est souvent d'en haut d'un talus que je les observais. Si d'aventure mon père m'emmenait avec lui faire un trajet sur une locomotive, les roues quatre fois plus hautes que moi, les bielles, les tuyauteries sous pression, les jets de vapeur bouillante et les odeurs d'huile chaude qui s'en échappaient me révélaient la véritable existence de ces ardentes géantes. Elles faisaient parties de mon enfance, allaient et venaient, telles de grosses bêtes domestiques qui obéissaient à des serviteurs habillés en bleu de chauffe, aux visages noircis, qui trimaient à la pelle à charbon pour nourrir leurs cœurs de braise. Elles étaient là sous mes yeux, je les côtoyais admiratif et inquiet ... Je les croyais éternelles ... Elles se sont effacées comme l'évanescence de la neige qui fond silencieusement dans l'eau.

     
    Armand Rothan Manny

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  • Des choses se passent à l'instant !
    Comme des êtres surgissant à la fois
    Des fleuves, des forêts et des océans.

    Le miroir d'une flaque, perlée de soie,
    S'accroche aux branches se sustentant
    À l'arbre aux mille moulins à prières.

    Peignant les étendus d'un vert sylvestre,
    Teinte d'espoir, pour ceux qui croient d'autant,
    Que la pluie s'abreuve de nourritures terrestres.

    Le frisson du vent se mêle au soleil,
    Qu'impressionnent les yeux à fixer le ciel,
    À écouter ce calme des solitudes dénudées,
    Où les bois pleurent de leurs écorces mouillées...

    Armand Rothan Manny

    À propos de poésie ... About poetry !

    La poésie n'est ni dans la vie, ni dans les choses. C'est ce que vous en faites et ce que vous y ajoutez. La poésie est dans ce qui n'est pas. Dans ce qui nous manque. Dans ce que nous voudrions qui fût. Elle est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas.

    " Nous sommes tous poètes ! "... Nous sommes tous capables de nous émerveiller, de ressentir une émotion poétique face à une révélation, un horizon, une situation, un moment fugitif, un instant surréaliste.

    Armanny

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  • --------------

    Dans la course effarée et sans but de ma vie
    Dédaigneux des chemins déjà frayés, trop longs,
    J'ai franchi d'âpres monts, d'insidieux vallons.
    Ma trace avant longtemps n'y sera pas suivie.

    Sur le haut des sommets que nul prudent n'envie,
    Les fins clochers, les lacs, frais miroirs, les champs blonds
    Me parlent des pays trop tôt quittés. Allons,
    Vite ! vite ! en avant. L'inconnu m'y convie.

    Devant moi, le brouillard recouvre les bois noirs.
    La musique entendue en de limpides soirs
    Résonne dans ma tête au rythme de l'allure.

    Le matin, je m'éveille aux grelots du départ,
    En route ! Un vent nouveau baigne ma chevelure,
    Et je vais, fier de n'être attendu nulle part.

    --------------

    Au printemps, c'est dans les bois nus
    Qu'un jour nous nous sommes connus.

    Les bourgeons poussaient vapeur verte.
    L'amour fut une découverte.

    Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
    De rêveurs nous devînmes gais.

    Sous la glycine et le cytise,
    Tous deux seuls, que faut-il qu'on dise ?

    Nous n'aurions rien dit, réséda,
    Sans ton parfum qui nous aida.

    --------------

    En été les lis et les roses
    Jalousaient ses tons et ses poses,

    La nuit, par l'odeur des tilleuls
    Nous en sommes allés seuls.

    L'odeur de son corps, sur la mousse,
    Est plus enivrante et plus douce.

    En revenant le long des blés,
    Nous étions tous deux bien troublés.

    Comme les blés que le vent frôle,
    Elle ployait sur mon épaule.

    --------------

    L'automne fait les bruits froissés
    De nos tumultueux baisers.

    Dans l'eau tombent les feuilles sèches
    Et sur ses yeux, les folles mèches.

    Voici les pèches, les raisins,
    J'aime mieux sa joue et ses seins.

    Que me fait le soir triste et rouge,
    Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

    Le vin qui coule des pressoirs
    Est moins traître que ses yeux noirs.

    --------------

    C'est l'hiver. Le charbon de terre
    Flambe en ma chambre solitaire.

    La neige tombe sur les toits.
    Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !

    Même sillage aux cheminées
    Qu'en ses tresses disséminées.

    Au bal, chacun jette, poli,
    Les mots féroces de l'oubli,

    L'eau qui chantait s'est prise en glace,
    Amour, quel ennui te remplace !

    http://armanny.blogg.org

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