Louis Dantin

Publié le 8 Avril 2015

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Par les soirs somnolents d'été, lorsque l'azur
A bruni ses derniers reflets d'or ou d'opale,
Chaque étoile, à son rang, dans le ciel vaste et pur
Arrive, et lentement suspend son flambeau pâle.

Bientôt leurs légions se pressent; d'un vol sûr
Toutes vont déployant leur splendeur virginale
Et, sous leurs diamants de feu, l'éther obscur
Brille comme un manteau de reine orientale.

Étoiles, qui donnez à l'espace des fleurs,
Des sourires aux nuits, des hymnes au silence,
Et des rayons à l'ombre et du calme à nos pleurs;

Quand vous montez, la paix pour mon âme commence,
Car je crois, devinant vos mystiques lueurs,
Dans vos yeux d'infini lire l'Amour immense.

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En docile et gentille amante
Attentive à ce que je veux,
Tu m'as remis hier, charmante,
Une mèche de tes cheveux.

Dans le sachet de tulle rose
Enfermant le trésor léger
Ce billet de ta fine prose,
Inattendu, m'a fait songer :

« Pour tisser de ces liens frêles
Que mon âme habita longtemps,
Une chaîne au cœur où tu mêles
Un fouillis d'amours inconstants. »

Je me dis « La leçon est forte,
Et j'en aurais quelque rancœur
Sans le beau don qui réconforte
Et ma conscience et mon cœur. »

Là-dessus, ainsi qu'une chèvre
S'ébrouant dans la fenaison,
Goulûment j'ai plongé ma lèvre
Dans la molle et douce toison.

Mais soudain, nouvelle surprise,
Des mailles du blond écheveau
Un parfum qui trouble et qui grise
M'est monté tout droit au cerveau.

Ces brins fous de ta chevelure,
Comme de flamme pénétrée,
Ont fait courir une brûlure
Intense en mes sens égarés.

Et mon âme, presque inquiète,
En chacun de ces fils ténus
A senti la touche secrète
De sortilèges inconnus.

Pourtant, aux jours de mes détresses,
Maintes fois, fuyant le soleil,
J'avais dans la nuit de tes tresses
Trouvé le calme et le sommeil.

J'avais humé leur senteur douce,
Et jamais leur flot familier
Ne m'avait, en une secousse,
Jeté cet embrun singulier;

Cet arôme riche et bizarre,
Câlin, pénétrant et subtil,
Comme un orchis splendide et rare
Parfois en porte à son pistil,

Ou comme, en des fourneaux étranges
Armés de tubes aux longs cols,
En pourraient avoir des mélanges
D'invraisemblables alcools.

Dis-moi, dans quel philtre sauvage
A plongé ce duvet soyeux ?
Quelle ensorceleuse ou quel mage
L'a muni d'arts prestigieux.

Parle, est-ce bien de ta couronne
Que ces joyaux me sont venus ?
N'aurais-tu pas pillé, friponne,
Le diadème de Vénus ?

Ah ! Ne crains plus que je te brave !
Avec cette chaîne à mon cou
Toujours je serai ton esclave,
Tu me traîneras n'importe où...

Je suivrai jusqu'au bout des mondes,
Plein d'une ivresse sans remords,
Le parfum de tes tresses blondes
Et l'éclat fauve de leurs ors.

Mais, chère, si rien ne peut rendre
La paix à mes centres nerveux,
Au moins daigneras-tu m'apprendre
Le mystère de ces cheveux ?...

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Rédigé par Armanny

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