Publié le 8 Avril 2015

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Je voudrais vous faire part d'un constat que j'ai pu faire quand je vais m'alimenter à la cantine. Avant de m'y rendre, j'entends les oiseaux chanter dans les arbres lesquels me transportent par leur parfum printanier. Le chemin de carrelage que j'emprunte pour la circonstance semble certes inadapté pour la nature qu'il traverse mais le fait qu'il s'affaisse de jour en jour témoigne du temps qui passe et le rend moins quelconque qu'une vulgaire plaque de béton goudronné à merci. Bref c'est dire combien je suis sensible à ce qui est beau.

Soudain, j'entre dans le grand réfectoire dans lequel ma rêverie éthérée est interrompue. La queue commence et sa longueur est proportionnelle à la rigidité de la hiérarchie pour les horaires du « miam-miam » ! (Mot largement utilisé par ceux qui ont un estomac à la place du cerveau)... 12 heures pile sonnent dans ma tête par la vue de cette queue qui vient durement me le rappeler. Soudain quelqu'un me serre la main que j'ai pourtant pris soin de laver avant de me rendre au grand réfectoire. Si c'était encore de bon cœur... Mais non c'est par principe car la personne ne me connaît que de vue et compte les mouches en attendant d'en avoir fini. Souvent aussi c'est en parlant avec quelqu'un d'autre comme si elle voulait se rassurer elle-même de sa bonne action dont elle ne se donne plus la peine de se demander pourquoi elle l'exerce.

Plus je m'enfonce dans le bâtiment alimentaire, plus je me sens parcouru par des ondes négatives. Naturellement elles passent inaperçues pour ceux et celles qui ne veulent pas les voir préférant les assimiler dans leur manifestation à une simple illusion d'optique ou à un simple courant d'air. Mais moi je les sens qui m'envahissent comme un courant malsain chargé des tensions de chaque mouton qui entre dans ce grand bazar. Soudain une onde plus forte me transperce le corps et me scie le ventre au plus profond de mes entrailles. J'ai demandé du poisson qui de ses yeux globuleux me rappelle une ancienne émission regardée à la télé sur le sort des saumons éventrés. J'avais posé une pierre magnétique sur mon poste récepteur afin d'être protégé par les radiations intrépides. Mais les ondes m'ont saisi quand même dans ce grand garde manger. Le poisson me fusillait du regard et les haricots verts au goût insipides résistaient fortement à ma tentation d'en connaître le goût. Le brouhaha amplifié me fait « HA HA HA » ! Et la fourchette que j'engouffre dans ma grande bouche se confond avec une aisance déconcertante avec l'arrête que je viens d'avaler et qui me transperce la gorge. Mon collègue « Manny » en face de moi m'apparaît comme un « Pouf » ! Qui s'étale inerte tel un chewing-gum géant. Je me retourne dépité et en même temps dégoûté et je vois mes collègues du service qui tchatchent sur la mesure des arrêtes pour ce qui est des garçons et sur la rondeur poissonnière pour ce qui est des filles. Je n'entends pas naturellement car j'ai un déficit de l'audition mais les ondes amplifient pour la circonstance.

J'arrive au dessert tel qu'un buveur de cognac « cul sec » ! Plantant la cuillère dans mon pot de yaourt. Il se transperce de toute part et le yaourt laiteux et gluant envahit la salle en se brassant au « Pouf » ! Dont je parlais tout à l'heure. Au bout de 50 minutes qui m'ont paru être 50 ans, je réussis à sortir dans un semi-coma. Je roule téléguidé sur le béton armé jusqu'à ma « Cracabulle » ! Où je roupille sur mon ordinateur. Soudain un collègue me crie à mon oreille de sourd :

« HEY PETIT TON BUS ETRE-LA » !

Telle une sauterelle, je saute par-dessus le tourniquet et me sens soudain libéré. Mais je sais que désormais les ondes seront encore là lors de la prochaine sortie pour la « Cantoche » ! ...

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Une journée cracabulesque

La miss pensante : je dois prouprouter mais je n'ose pas. Ca risque de ne pas sentir bon

Castagnettes : vous savez, j'adore Vanessa Paradis, elle est sublime. Quand elle chante jo le moisi, elle est belle à croquer.

Valériane calmante : moi je l'aime quand elle fait la pub cocorico chickel. Elle est presque à poil et sa personne transparaît plus.

Collerette : c'est quoi le cocorico chickel ? C'est qui Vanessa Paradis ? Je ne connais ni l'un, ni l'autre. Il faut dire que je n'ai pas la télé. Les radiations vous savez, ça n'est jamais bon. Et les ondes, ah les ondes c'est nocif aussi.

Kamajojo : tu déconnes Collerette. La télé n'est pas nocive quand on respecte les règles suivantes :
- sur le meuble télé elle doit épouser la surface de ce meuble. Pas un millimètre ne doit dépasser de derrière, de face, de droite et de gauche.
- les yeux du téléspectateur doivent à tout prix former un angle droit avec l'écran. Si l'angle est de 91° c'est foutu. Il sera atteint de cécité foudroyante.
- l'écran comme le reste ne doit pas contenir une seule particule de poussière. Sinon le téléspectateur risque de l'aspirer et la particule se démultipliera dans ses bronches. C'est la bronchite chronique aggravante meurtrière assurée !
Quant aux ondes, si je ne les vois pas c'est qu'elles n'existent pas. Je ne vois que les faisceaux de poussières à la lumière du soleil. Je les vois nettement depuis que j'ai changé mes lunettes symétriques. J'ai 10/10 de l'œil droit et 10/10 de l'œil gauche. Je ne vois pas les ondes pour autant. Donc ce qui disent que les ondes existent doivent se faire soigner.

Collerette : je ne suis pas d'accord avec toi. Moi je brûle de l'encens et je mets la bougie pour les faire partir. La lumière vaincra l'ombre et la bonne odeur vaincra la mauvaise. Les énergies bio vaincront les énergies matérielles.

Baderrière : tu as raison. La purification céleste commence par celle de notre corps par l'épuration des déchets. L'eau chaude administrée à jeun de l'enfant au vieillard nettoie le corps. La viande est à proscrire de l'alimentation. Il faut manger une tomate non traitée avec un jus de citron non traité. Le pain doit être mangé chaud dès la sortie du four. Si vous attendez il devient froid et ne procure plus de l'énergie. Fort de cette alimentation frugale mais Ô combien saine, votre corps perdra ses impuretés et les os constitueront la meilleure arme contre les agressions extérieures. La purification céleste se poursuit alors dans une deuxième étape que voici : vous vous exposez au soleil en priant pour les forces solaires. Vous ne risquez pas de rougir car vos os ne rougissent pas. Vous ne transpirerez pas car le corps n'a presque plus d'eau. Au bout d'un moment vous tombez dans une semi-conscience vous rapprochant de l'Eternel. Vous communiez avec l'Esprit et votre corps devient Corps libéré de toutes ses impuretés.

Collerette : Et ma bougie alors ? Et mon encens alors ? J'ai aussi de l'huile odorante aussi. On la chauffe et elle purifie la pièce.

Kamajojo : Moi j'ouvre bien grand la fenêtre pour aérer été comme hiver. J'ai néanmoins un problème de taille. Quand j'ouvre les mauvaises odeurs s'en vont mais la poussière entre. Je dois alors prendre le balai et le chiffon pour l'enlever. Hier j'ai trouvé un juste milieu. Au lieu d'ouvrir la fenêtre à 90° je l'ai ouverte à 30°. Cela permet à deux tiers de poussière visible de rester dehors. Mais l'odeur, l'odeur, ah l'odeur quelle solution puis-je adopter pour qu'elle sorte de la pièce ?

La miss pensante : merde, ça fait bien deux heures que j'ai envie de prouprouter. J'ose ou pas ? En plus Kamajojo risque de m'engueuler si elle qui n'aime pas les odeurs. Mais j'en peux plus. Il le faut avant que je n'explose comme un ballon. Comment faire sans bruit à défaut de sans odeur. La miss déjà rougeaude de nature devient rouge comme une pivoine lorsque le prout sort de ses entrailles avec un pff !!! inaudible mais une odeur qui témoigne que le prout était resté trop longtemps en elle. Elle partit en courant se soulager du reste sans que personne ne la remarque.

Castagnettes : Ca sent pas bon, vous ne sentez pas ?

Collerette : vite de l'encens et une bougie

Kamajojo : Alain, veux tu ouvrir la fenêtre à 180 ° ?

Valériane calmante : il ne fait pas chaud de reste. C'est l'hiver je crois.?

Baderrière pensant : les corps en dehors du mien sont impurs. C'est bien ce que je pensais

Blanche : c'est curieux cette odeur. Nous ne sommes pourtant que des femmes et les deux hommes sont absents.

Castagnettes : il y a Alain comme homme.

Kamajojo : je ne pense pas que ce soit lui vu qu'il a ouvert la fenêtre à 180 ° comme je lui ai demandé. Et puis quand il s'est levé l'odeur ne s'est pas amplifiée.

Blanche : bonne remarque. Tu es d'une logique indiscutable Kamajojo.

Kamajojo : merci Blanche

Castagnettes : au fait vous savez que Vanessa Paradis passe à la télé ce soir ?

Tous en chœur : Ah bon, eh bien nous l'écouterons alors. Si elle ne passe pas, nous ne l'écouterons pas.

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La cantochemedia del blabl'arte

Distribution

Myrtille : Secrétaire
Pomponette : Secrétaire des grands chefs
Manilégoré : Spécialiste des placards
Alanus : L'handicapé de l'oreille en statut exécution chronique

La scène se déroule dans une grande salle dans laquelle on trouve des tables et des chaises pour le miam miam. Des habitués s'y rendent pour satisfaire leur appétit. Afin de ne pas être déstabilisés, ils occupent toujours la même place que la veille. C'est dans un brouhaha continu que ce petit monde discute. Nos quatre héros représente un groupe parmi d'autres.

Pomponette : T'as vu le gars là-bas ? Figurez-vous que je connais sa femme.

Myrtille : Ah bon !

Manilégoré ; Oui je l'ai vu avec son caddie à Super U. Elle était avec un autre homme ce matin là. Je m'en souviens, ils se sont embrassés là tous les deux à la caisse. De gros bisous qu'ils se faisaient. Fallait voir. C'est un comportement moderne comme les femmes qui se font couper les cheveux courts. Ca revient à la mode. Avant on les appelait des "garçonnes". Moi je les aime bien. Mais maintenant avec les teintures, elles ont une allure moderne.

Pomponette : Moi aussi je l'ai vu à Super U figures-toi. Elle est divorcée parait-il et elle a eu de son premier mariage 6 enfants.

Myrtille : 6 enfants ? C'est pas mal.

Manilégoré : 3 sur 6 sont à l'orphelinat je crois. Et les 3 autres ont été récupérés par une amie nommée Nounoula. Un prénom africain de centre Nord-Est de l'Afrique je crois. J'ai entendu parlé de ça sur le canal 5 de la télé. Vous savez l'émission quotidienne "Ca en a tout l'air". Vous ne pouvez pas la rater, ça commence après le boulot. Je disais donc que les 3 autres chez Nounoula, ils avaient eu tous la varicelle.

Pomnponette : Non. Nounoula avait les varices et que seulement 2 enfants qu'elles gardaient avaient eu la varicelle.

Manilégoré : Oui c'est ça, je me disais bien. Les 3 autres de l'orphelinat n'ont pas eu de maladies car l'orphelinat était parait-il nickel. D'après le canal 5, ce n'est pas toujours le cas. Moi je pense à tous ces enfants sans parents. Ca me fait mal au cœur si bien que je n'écoute plus les infos sauf celles de canal 5 où de grands docteurs la décortiquent. Faut voir ils font ça bien. Ils tournent toujours autour du sujet sans mettre la tête dedans. Ce sont des gens qui ont de la réflexion ces docteurs.

Myrtille : Je ne connais pas ce canal.

Pomponette : Moi je connais pas trop non plus mais l'ancien chef la regardait avec ses 9 enfants. Je te dis pas, ils braillaient tellement qu'il écoutait au casque. Suite à ça, sa femme l'a fait cucu.

Alanus : Cocu, tu veux dire ?

Pomponette : Oui c'est ça.

Manilégoré : Il est docteur en patates frites. Pour un sourd, c'était plus facile qu'en médecine.

Pomponette : Oui c'est sûr. Mon grand-père est sourd d'une oreille et presque sourd de l'autre oreille. Donc, j'ai trouvé la solution pour pallier ce problème : ne pas lui parler. J'ai connu un ancien agent administratif qui travaillait ici et j'avais peur de lui car il n'entendait rien. Alors quand il me parlait je me bouchais les oreillons et là je me suis dit que j'étais enfin à sa portée. Ca me rassurait un peu.

Myrtille : Je comprends. Une des copines à moi m'a dit qu'ils ne devraient pas avoir d'enfants ces gens. Moi je ne sais pas trop qu'en penser.

Manilégoré : C'est pas très sympa pour eux mais bon je comprends. Ils ont des petits moyens, c'est comme ça. Sur canal 5 dans l'émission " Ca en a tout l'air " ils en ont parlé. Des spécialistes ont ratissé le sujet et ils en sont venus à la conclusion suivante : ils sont normaux et en même temps ils sont pas comme nous. Ils entendent pas et en même temps ils entendent quand ils veulent. D'ailleurs, Alanus est intervenu tout à l'heure c'est la preuve qu'il est sourd mais pas comme un pot.

Pomponette : J'avoue que c'est compliqué pour moi. Le Cora a fermé ses portes le week-end dernier. Monsieur BOULEZ Benoît, le chef, n'a pas pu s'acheter ses poireaux. Faut voir comme il les prépare avec sa 4e femme, un régal.

Myrtille : Hum ! J'en ai l'eau à la bouche. Moi je les aime à l'eau.

Manilégoré : Ah ! Oui je vois. Une fois en les préparant, elle s'est coupée ou le pouce ou l'index ou le majeur ou l'annulaire ou l'auriculaire.

Pomponette : Un doigt mais je sais plus lequel.

Manilégoré : C'est bien ce que je disais. Mais c'était avec la 3e femme ça non ? Ou la 2e plutôt.

Pomponette : La 4e. Celle avec qui il vit en ce moment.

Manilégoré : C'est bien ce que je pensais tout haut mais que je disais tout bas. Je les ai aperçu au Super U et....

Pomponette (interrompant Manilégoré): Oh là ! Déjà 13 h 30, il faut que j'y aille sinon le chef des chefs aura ma peau.

Myrtille : Oh ! Là moi aussi sinon les filles de RICORE vont me faire pan pan cocu.

Alanus : Cucu tu veux dire ?

Myrtille (rires) : Oui c'est ça. Bon je me sauve. Bon après-midi

Alanus et Manilégoré : Bon après-midi, mesdames.

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Moon disguise

Je ne veux que les toits et les façades blanches
Que le ciel moutonnant la nudité des branches
Des bosquets parsemant un îlot de verdure
Comme si février disait que rien ne dure.

Je ne vois que des âmes errant au soleil blanc
Que des oiseaux grisant le parc étincelant
Sur les tables de pierre, l'assise des gisants
Comme si ces mortels se prenaient au vivant.

Je n'ai vu que le temps passant passablement
Qu'une folle accalmie souriant au dément
Ironique de vie, de pleurs et de tourments.

Je respire derrière la fenêtre ouverte
Juste assez pour que nul ne tombe à sa perte
Et je ferme les yeux, un doux instant inerte...

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Octobre

Ô ce voile qui happe les toits,
Lumière faite d’ors et de gris !
Visage d’octobre aux douceurs attisées par la vigne,
Braise feuillue sur un mur de vieille aube.

Toute sève coule, lente,
Sur le sol chiffonné par la feuille.
Une aile d’oiseau l’interroge furtive
Et la branche qui attend le glissement des maisons
Dessine sans hâte les prémices du vent.

Je suis là, à ma fenêtre pour secouer les façades,
Leurs brouillards et leurs regards éteints
Et j’attends une autre lueur,
Celle que garde le soleil en sa boîte à nuages.
Ouvrons la, ensemble, pour que soient nos gaietés,
Innombrables, comme la palette du peintre.

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L’année nouvelle ?

Quelle sera son âme, son teint et son humeur,
Noire, grise ou de belles floraisons
Saura-t-elle sourire et offrir un bonheur
A celui qui ploie, à celui sans moisson ?

Soyons à l’affût de toute belle chose
Qui fuit nos chemins, le visage voilé
Et aimons jusqu’à l’épine toutes ces nuits roses,
Ces jours flamboyants et ces soirs en apnée

Vous qui voyez là, moindre larme des cieux
L’infime lueur du contour des sépales,
La brisure des traces et les regards amoureux
Offrez-nous l’envol d’une ode vespérale

Nous vous donnerons du mot de poésie
La suave senteur et la verte césure
La voix cadencée, la vague et le gui
La main avancée vers l’année qui murmure.

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J'ai vu dans le ciel des nuages moutons
Brouter la tête de trois oliviers

J'ai vu trois oliviers baigner leurs pieds
Dans les fleurs de pavot

J'ai vu trois mille fleurs de pavot
Danser au bal des cigales

J'ai vu des nuages moutons,
trois oliviers, trois mille fleurs de pavot,
Faire la cour au roi soleil
Allongé dans un lit de lavande

Chut !

Ne faut pas qu'il entende
De sa sieste éveillée,
Il pourrait bien tout brûler

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Premier Avril

A la fête du poisson
Un poisson volant
Vole un pêcheur
Lui vole son cœur
Et l'accroche en riant
A la lune de miel
De deux passants.

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Bon anniversaire

Le ciel a écrit à la mer
Pour son soixante dix millième anniversaire,
Et lui a offert dans un ruban d'écume,
Une plume de mouette.
L'océan en tempête
A retiré l'écume,
A pris silencieusement la plume,
L'a couchée sur son lit de sable
Puis, inlassable
Lui a conté son histoire verte et bleue
Et s'est endormi, heureux.

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Feuilles d’aube

Feuilles émergeantes, vos cernes de brume,
paroles pourpres des nuits acculées,
préviennent la horde du passage de l’aube

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Trois écus

L’horizon,
Blessant le ciel de sa plume ensanglantée,
Ouvrit le coffre capitonné de la mer,
Y puisa trois écus de lumière
Qui, tombés dans la fente de l’océan
En firent jaillir la tunique d’or
Du crépuscule.

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Coté jardin

Le cognassier a frôlé les baguettes-tambour
D’un orage au matin d’une aubade-soleil.
Pour ce geste familier, l’orage a frappé
La peau douce du ventre de mai
Et le cognassier a pleuré ses pétales
Sur la terre noire, qui vêtue d’amour,
S’est alors mariée
Avec l’ombre bossue de son couturier.

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Sources

Des souches fleuries d’ombelles et de fougères
enjambent la source de ma mémoire.
L’ombre porte mes pas à l’encolure des flots,
où les vaisseaux de mon enfance décousent
les replis ondoyants du feuillage
comme des rubans nacrés
dans les cheveux du temps.

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Je t'aime

Je t'aime comme l'étincelle du silence
Comme l'averse volée
Comme le souffle bleu
D'une nuit voluptueuse
Que la braise de tes yeux
Ourle de chenaux forgés
Dans les brumes rieuses
D'un très long baiser.

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Si tu n'étais

Si tu n'étais,
Il y aurait des arbres sans visage
Des sourires sans rosée
Des rosées sans aurore
Et je serais la pluie
Qui te ferait naître
Et tu te donnerais
A mes arbres, mes visages
Mes aurores, mes rosées,
Comme on donne un sourire
A une maison fermée.

Absence de l’aimé(e), pré vide où les fleurs du silence
préparent secrètement l’éclosion du baiser.

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C'est debout que je te dirai que je t' aime
car mon corps saura croître avec ta réponse.
Il rendra à ta vérité tous les honneurs,
à la terre, le tremblements de mon attente,
au ciel, l'envol de nos entendements.

Il en sera comme d'un vertige aux ailes de papier
que chaque mot froisse ou défroisse
Il en sera de toi et de moi comme d'un geste
où rien n'est dit pour la faille de l'autre,
Il en sera de nous comme d'une semence,
mémoire habitée par ta présence et ta beauté

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Savoir l'avenir ?

Est-ce l'ombre d'une inquiétude qui traverse notre amour ?
Est-ce la voie incertaine qui égare nos images ?
Est-ce la nasse où se débattent les oscillations de nos souvenirs ?
Quelles étrangetés préparent leur lit dans la lumière de l'âge,
y couchant de nouveaux rêves,
y dévoilant la nudité du quotidien ?
Comment ce futur assume-t-il ses enfants sans leur dire
que tout a été écrit dans le secret de savoirs ignorants ?
En quelle lectures faut-il perdre nos sens et en quelles nouvelles
quêtes trouverons-nous les questions de la pertinence ?
Nous voilà bien aveuglés par trop de connivence
avec les maîtres de la certitude !

Il va falloir désapprendre les voies de la convoitise pour élever
nos désirs au-dessus de la triste répétition du refus.
Accepter enfin que rien n'est tissé à l'avance comme un drame,
mais que tout peut se défaire avant que le temps
ne choisisse ses supplices.
Evadons nous à présent de nous même
et apprenons à étreindre l'espoir
qui pourrait perdre connaissance
si nous lui refusons le bon geste.
Il est de l'urgence comme de l'amour,
elle s'éteint quand l'oreille est distraite et elle ressurgit ailleurs,
là où la souffrance garde sa dignité et son désir de comprendre.
Agissons dans la justesse du milieu,
là où règnent toutes les raisons de vivre et opposons
celles-ci au devoir quotidien qu'imposent
les lois humaines de la destruction.

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Carnet de plage

Ce tambour géant dont la peau couleur sable
résonne sous la griffe des vagues
est le lieu du rite où l’on sacrifie son corps.

Trop de soleil soudain, plaque les corps
dans l’immobilité des sables,
ce sont des mémoires nues
qui se dispersent et fondent
laissant à la marée
des trésors de fatigue.

Chaque corps caresse le soleil
de courbes fines comme soie d’un pétale
et l’astre, ivre de plaisir,
délivre sa morsure aux blancheurs qui éclosent.

Toi, tes cheveux d’organdi sur un livre ouvert,
c’est le fil du soleil dévidant son rouet
sur une pensée, légèrement sablée.

C’est l’accent onctueux
du discours d’une vague
qui s’essouffle sur la plage...
Que retiendrait-on
s’il ne restait l’écume
l’exclamation d’un roc
et le babillement des perles ?

Ils sont debout, les baigneurs,
comme des quilles au bord d’un miroir
que renversent des boules d’écume.

La frange des parasols discute si frénétiquement avec le vent
que la parole ne fait plus le poids et s’envole

Soudain, une vague
saute à votre cou, vous embrasse,
puis se retire, vous laissant en cadeau
son collier de fraîcheur !

Le soleil a rusé avec l’épaisseur d’une feuille de nuage.
C’est la marée qui a tourné cette page,
puis, de son encre d’argent
y a écrit la danse des vagues.

Griffés par mille diamants
au luisant retrait des eaux,
les sables se soumettent
à la dictée des mains
Qui sculptent l’éphémère
et affouillent leurs rêves

Pourquoi chercher l’amour
à marée basse, penché sur le sable
alors que tous les cerfs-volants
en esquissent le sourire
dans les bras du vent !

Il n’y a rien de plus silencieux
qu’un voilier dans la fissure des vagues,
alors que tout gémit aux jointures de son bord...
A moins que les marins ne taisent
jusqu’au fracas d’eux même
au retour dans le port.

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Les vents

Les vents effilochent la mantille des marées,
déchirent leur tourment aux rochers des nuages
et posent frissonnant dans le berceau des arbres,
l’hologramme diaphane d’une cape arrachée
par un oiseau captif à l’étau de la terre.

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Du fil à retordre

Qu’est-ce qu’un chirurgien ?
Un chirurgien est un pêcheur qui coupe le fil
avant qu’entre deux eaux
ne frétille le patient

Une assistante ?
Une assistante est un horizon
dont on perçoit la ligne intérieure
dès le premier coup de fil

Un pêcheur ?
Un pêcheur est un homme muet
qui parle aux poissons
à l’aide d’un téléphone à touche

Une ravaudeuse ?
Une ravaudeuse est une dame qui file et surfile
pour donner à l’usure du fil à retordre

Un couturier à Belfort ?
C’est un patron cousu de fil blanc
Dont le modèle se taille la part du lion

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Au paradis des arbres

Un cerisier sèche ses boucles
au pinceau d’un vieux peintre
peignant lyres et vols d’oiseaux
au front nu des vergers.

Un chêne, mémoire des amours
et des douleurs du monde
abrite en ses blessures
le doux frisson des siècles.

Un tremble aux chuchotis d’argent
ne cesse d’épingler
le secret des ruisseaux
au ruban des grands fleuves.

Un frêne à feuilles d’or
fait briller l’écureuil
au bout de l’arabesque
d’un saut filigrané.

Un olivier ayant versé son sang
sur l’écorce noueuse
de deux mains en prière
craint l’épine de l’aube.

Un magnolia, cierges éclos
et robe de colombes
élève son chant marial
jusqu’au jardin des anges.

Un érable cisèle
la feuille du contre jour
pour colorer l’automne
de chutes innombrables

l’arbre voyageur
voilant les yeux du ciel
d’un éventail andalou
cabre des chevaux noirs
sur un fil de Tolède

Ecorces pétries
par la rousseur des vents,
les pins recueillent les amours égarés
entre la vague et sa dune d’argent.

l’if, aède infatigable
au palais des nuages
accorde la rumeur
des roses et du vent.

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Tissu de charmes

Ce tissu qui ondule
cerne la fente
de ma couturière

La chute de ses reins
écume exquise
d'une lèvre petite

Une jambe en frisson
couche sa fièvre
sur un bouton éclos

Ma langue dit
ses mots nus
à l'oreille de tes cuisses

Lascive, ta courbe
brûle l'encens
d'une baguette

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Les Vers Grisants

http://lesversgrisantsenpoesie.blogspot.com

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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L'enfant-soldat

Sous le soleil brûlant de l'éternelle Afrique
Il est un fauve-roi au manteau de lumière
Qui promène en son flanc une ardeur meurtrière
Tapi dans le désert ou au fond d'une crique.

Sous les feux de midi lorsque tout semble mort
Lors même que tout dort dans la chaleur safrane
Ce guerrier guette encore au cœur de la savane
Avec une lueur dans sa pupille d'or.

Soudain le fauve clair en un saut fantastique
S'élance dans les airs et bondit sur sa proie
D'une pulsion mortelle il l'abat et la broie
La tue en un éclair, par sa force magique.

Moi je sais d'autres rois sous le ciel africain
A qui l'on a volé l'espoir et le royaume
Des guerriers trop menus, sans armure et sans heaume
Déguenillés, pieds nus, à peau de maroquin.

Nomades sans merci, au détour d'un chemin
- Car le sort est inscrit au fond de leurs yeux sombres
Comme dans une crypte où flotteraient des ombres
Ils vont semer la mort, la grenade à la main.

Voilà l'enfant-soldat, l'enfant qu'on assassine
En bataillons épars sous le soleil brûlant
Pour le diamant, l'ivoire, et l'or noir et l'or blanc!
Un crayon dans la main, c'est la mort qu'il dessine.

Et sous son front têtu casqué de boucles noires
Les souvenirs venus du temps de l'innocence
- Ce baume répandu du flacon de l'enfance -
Sont un fil si ténu qu'il en perd la mémoire.

Au milieu des combats, rien et nul ne l'arrête
Plus tout-à-fait enfant, pas tout-à-fait un homme
Il est dieu, il est roi, déjà adulte en somme
Et se croit immortel, du meurtre plein la tête.

A la fin des combats, assis dedans la cendre,
De son fusil poisseux de sueur ou de sang
Il torture un grillon teinté d'or et d'argent,
Ecrase un scarabée ou une salamandre.

Que voit-il renversé sur un sac de cartouches
Dans ses yeux grand ouverts, le guerrier endormi
Qu'entend-il quand il meurt sous le feu ennemi,
Dans le tir des mortiers et sous le vol des mouches?

Drogué, intoxiqué, écrasé de soleil
Rêve-t'il d'un lagon et d'une source claire,
Reçoit-il sur son front le baiser de sa mère
A quoi peut-il rêver dans son dernier sommeil?

Pardonnez-moi, Seigneur, quand l'Afrique meurtrie
Pense à panser sa plaie et que renaît l'espoir
D'une éternelle paix sur le continent noir
Quand brillent les autels à l'heure où l'on Vous prie,

Quand on promet la paix, et la paix l'on célèbre,
Dans les constellations brillant au firmament
Je crois voir malgré moi un lion de diamant
Aux yeux de dieu païen riant dans les ténèbres.

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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Je mords un morceau de sable
Couché sur le ventre d'une vague,
Je fais des cailloux de sable
A genoux sur le dos d'une algue.

Je cours après des écumes de pluie
Dans le sable des dunes de mon lit
Et je rampe sur l'algue en furie
Et je dors dans ses bras tiédis.

Elles coiffent tout doux le sable chaud
A l'aide d'innombrables mamelles
Et cette quiétude maternelle
Que rien en cette eau ne vaut.

Que vaguent les ombrelles du sable
Et cette vague s'en allant
Qui va construire en dentellière
Son nid d'eau sur la soie.

De belles demoiselles...

Je suis beau dans le sable chaud
Nourri des dunes de mes plis
Si haut, si haut dans la pluie d'eau,
Vague complice me sourit.

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Sur des livres ouverts
Elle promène ses lèvres
Qui s'élèvent dans les airs
D'une page de rêves.

Et marche en silence
Sur les lignes réfléchies
Que franchit dans ses transes
Une enfant qui s'oublie.

Sur des photos ailées
Qui baignent dans le bleu
Des lagunes émanées,
Sous les traits de ses yeux.

Elle s'offre des paysages
Clairs comme la neige,
L'écume des rivages,
La blancheur des grèves.

Elle est toute blonde
L'enfant qui rêve
Qui voyage comme une onde
Sur le bout de ses lèvres.

Elle est tout ouverte
Aux murmures de ses pages,
Elle est reine et secrète
De long et doux sillages.

Tout entourée de félicité,
Seule dans son écho,
Elle vogue entre les mot
De quelques vielles publicités.

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

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LA ROSERAIE

Au jardin des chevaux de passe
La lune effleure la Roseraie
Semblant aux étoiles qui s'effacent
De vous naguère j'imaginais

Destin tremblant vos yeux griffés
S'en vont aux ombres qui m'entraînent
En vain là où vont les années
Souvenez-vous qu'elles s'en souviennent

Et renaissent aux reflets Passèrent
Au jardin les chevaux de passe
Vous y chercherez la lumière
Des Roseraies Les Amours lasses

Au miroir tout s'enfuit et passe

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UN JOUR PEUT-ÊTRE

Un jour peut-être tout changera
Les villes destins les murs dressés
Les chemins tracés l'au-delà
Et nos blessures inavouées

Un jour peut-être ne seront plus
Les gens d'ici les gens d'ailleurs
Et les passants le long des rues
Nos déchirures au fond des cœurs

Un jour peut-être tout finira
Les Amours voulues renaissantes
Les océans dont tu rêvas
Et les miroirs brisés qui mentent

Un jour peut-être tu partiras
Croquer l'étoile au firmament
Alors j'irai comme autrefois
Sur le chemin dès je t'attends

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Rédigé par Armanny

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Publié le 8 Avril 2015

Une fantaisie dans la vallée de la pierre blanche.

L’être d’une allégorie, celle de la licorne ;
Fabuleux cheval à la corne d'ivoire, qui tranche
D'un seul coup de tête les esprits qui fanfaronnent.


Les rus d'eau ne sont à l’origine d’aucunes sources.
C’est le ciel dispensateur d’un crachin diffus,
Qui jusqu’à l’éphémère ornière en fin de course,
Auréole d’ondée les jachères d’herbes touffues.

Le chemin s'endigue au devant d’un panneau où,
Sans laisser d’empreintes chimériques aux abois,
Tout s’oppose à l'idée sans la raison d’un coup
À s’aventurer pour fuir par-delà l’endroit…

Armand Rothan Manny

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Rédigé par Armanny

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