• Dans la rue se frottent les gens,
    Les regards furtifs ne voyant pas, 
    Le clochard philosophe qui à l'instant, 
    Éternue et pense qui vivra, verra.
     
    La soupe est souvent bonne au coin, 
    Près des lampadaires bleuissants ; 
    C'est là que tout le monde se rejoint, 
    Pour s'éclater d'un rire bon enfant.
     
    Les pavés sont souvent souillés,
    Par un mélange de larmes tristes ; 
    Mais aussi celles d'une destinée, 
    Qui voie s'envoler le temps très vite.
     
    Quelquefois le bitume se soulève,
    Pour laisser pousser hors de terre,
    Une multitude de fleurs de rêve ; 
    Qui caressent des seins imaginaires.
     
    Le tout est arrosé, nourrit d'une pluie ; 
    De grosses gouttes lourdes, d'une légèreté, 
    Comme le baisé suave d'une nuit,
    Dans laquelle on se blottirait rassuré...
     
    Armand Rothan Manny

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    http://www.ipernity.com/doc/armanny/531213


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  • S’élever à l’aube envolée,
    Quand la pierre primitive
    Par l’alchimie des pensées,
    Devient une beauté captive.
     
    Aux fines entailles brûlantes,
    De tourmentes sensibles,
    À la légèreté apaisante,
    Du touchant d'indicible.
     
    L’invisible voilé se répand
    Là où les yeux se blottissent
    Dans ces matins de penchants
    Que les songes éternisent…
     
    Armand Rothan Manny

    http://www.ipernity.com/doc/armanny/730494


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  • Sur le sol que l’on touche à peine,
    Les feuilles s’envolent au vent épars,
    Balayées d’une aérienne haleine
    Au bruissement d’un air du départ.
     
    Les feuillages se parent de couleurs
    Mordorées éclatantes, vermeil
    Coloris revêtant d’ardeur
    Le pastel de l’éveil sensoriel.

    Les pensées exhalent le désir,
    Que l’incandescence brûle fibreuse,
    Sans qu’un instant ne puisse saisir
    L'essence de cette saison frileuse…
     
    Armand Rothan Manny

    http://www.ipernity.com/doc/armanny/730494


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  • Quand on a vécu les premières années de sa vie à côté des locomotives à vapeur, on en garde quelques souvenirs... Les monstres de ferraille noire soufflaient, chuintaient ou sifflaient selon leurs va-et-vient... Elles crachaient leurs volutes de fumées blanches ou noires, poussaient d'inquiétants mugissements lorsqu'elles quittaient leurs garages pour aller filer ailleurs très loin, sur les grandes lignes de Sarreguemines vers Sarrebruck, Strasbourg, Mulhouse, Bâle, Nancy, Metz... Destinations trop lointaines pour l'enfant que j'étais... Un feu permanent habitait ces monstres d'acier, c'est souvent d'en haut d'un talus que je les observais. Si d'aventure mon père m'emmenait avec lui faire un trajet sur une locomotive, les roues quatre fois plus hautes que moi, les bielles, les tuyauteries sous pression, les jets de vapeur bouillante et les odeurs d'huile chaude qui s'en échappaient me révélaient la véritable existence de ces ardentes géantes. Elles faisaient parties de mon enfance, allaient et venaient, telles de grosses bêtes domestiques qui obéissaient à des serviteurs habillés en bleu de chauffe, aux visages noircis, qui trimaient à la pelle à charbon pour nourrir leurs cœurs de braise. Elles étaient là sous mes yeux, je les côtoyais admiratif et inquiet... Je les croyais éternelles... Elles se sont effacées comme l'évanescence de la neige qui fond silencieusement dans l'eau...
     
    Armand Rothan Manny

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  • La nuit est claire avec ses étoiles,
    Les arbres forment une tonnelle.
    Les chuchotements se distillent
    À l’écoute féline d'une sentinelle.
     
    Avec ses oreilles démesurées,
    Dignes de celles d’un lièvre,
    Sa mine réjouie et son pelage tigré,
    Voici un héros, le " Chat Lumière ",
    De l’épisode de la barque solaire,
    Du drame qui se joue toujours
    Chaque nuit, après que Ré, en fuite,
    A traversé les heures du jour,
    Les douze régions d’Egypte.
     
    À la sixième heure,
    Le Soleil franchit les échappées
    Du monde inférieur, accompagné
    Par le cortège des morts innocentés,
    Dans l’Amenta, " Le royaume des disparitions ",
    Ré, devenu un cadavre mouvant
    À tous les dangers, proie facile des démons,
    Parcourt les heures de l’occultation,
    Fertiles de symboliques événements.
     
    À la huitième heure,
    L’émanation de Seth, Apophis,
    Serpent visqueux et malfaisant,
    Tente d’arrêter la barque solaire
    Aspirant l’eau sous elle, en la buvant !
    Alors surgit le " Chat Lumière ", 
    Véritable double de la divinité assoupie,
    Qui tranche la tête d’Apophis,
    Et la barque solaire poursuit son itinéraire.
     
    À la douzième heure,
    Sous la forme de Khépri, le scarabée,
    Pourra renaître, le Soleil.
    Cette lutte de la lumière et des obscurités
    Se reproduira ainsi chaque nuit,
    Dans un éternel conflit,
    Où le temps sans seconde
    Laissera exister un nouveau monde,
    Dont découle l’équilibre Universel...
     
    Armand Rothan Manny

    http://www.ipernity.com/doc/armanny/730494


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