• Quand on a vécu les premières années de sa vie à côté des locomotives à vapeur, on en garde quelques souvenirs... Les monstres de ferraille noire soufflaient, chuintaient ou sifflaient selon leurs va-et-vient... Elles crachaient leurs volutes de fumées blanches ou noires, poussaient d'inquiétants mugissements lorsqu'elles quittaient leurs garages pour aller filer ailleurs très loin, sur les grandes lignes de Sarreguemines vers Sarrebruck, Strasbourg, Mulhouse, Bâle, Nancy, Metz... Destinations trop lointaines pour l'enfant que j'étais... Un feu permanent habitait ces monstres d'acier, c'est souvent d'en haut d'un talus que je les observais. Si d'aventure mon père m'emmenait avec lui faire un trajet sur une locomotive, les roues quatre fois plus hautes que moi, les bielles, les tuyauteries sous pression, les jets de vapeur bouillante et les odeurs d'huile chaude qui s'en échappaient me révélaient la véritable existence de ces ardentes géantes. Elles faisaient parties de mon enfance, allaient et venaient, telles de grosses bêtes domestiques qui obéissaient à des serviteurs habillés en bleu de chauffe, aux visages noircis, qui trimaient à la pelle à charbon pour nourrir leurs cœurs de braise. Elles étaient là sous mes yeux, je les côtoyais admiratif et inquiet... Je les croyais éternelles... Elles se sont effacées comme l'évanescence de la neige qui fond silencieusement dans l'eau...
     
    Armand Rothan Manny

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  • La nuit est claire avec ses étoiles,
    Les arbres forment une tonnelle.
    Les chuchotements se distillent
    À l’écoute féline d'une sentinelle.
     
    Avec ses oreilles démesurées,
    Dignes de celles d’un lièvre,
    Sa mine réjouie et son pelage tigré,
    Voici un héros, le " Chat Lumière ",
    De l’épisode de la barque solaire,
    Du drame qui se joue toujours
    Chaque nuit, après que Ré, en fuite,
    A traversé les heures du jour,
    Les douze régions d’Egypte.
     
    À la sixième heure,
    Le Soleil franchit les échappées
    Du monde inférieur, accompagné
    Par le cortège des morts innocentés,
    Dans l’Amenta, " Le royaume des disparitions ",
    Ré, devenu un cadavre mouvant
    À tous les dangers, proie facile des démons,
    Parcourt les heures de l’occultation,
    Fertiles de symboliques événements.
     
    À la huitième heure,
    L’émanation de Seth, Apophis,
    Serpent visqueux et malfaisant,
    Tente d’arrêter la barque solaire
    Aspirant l’eau sous elle, en la buvant !
    Alors surgit le " Chat Lumière ", 
    Véritable double de la divinité assoupie,
    Qui tranche la tête d’Apophis,
    Et la barque solaire poursuit son itinéraire.
     
    À la douzième heure,
    Sous la forme de Khépri, le scarabée,
    Pourra renaître, le Soleil.
    Cette lutte de la lumière et des obscurités
    Se reproduira ainsi chaque nuit,
    Dans un éternel conflit,
    Où le temps sans seconde
    Laissera exister un nouveau monde,
    Dont découle l’équilibre Universel...
     
    Armand Rothan Manny

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  • L'horizon vient zigzaguer jusqu'à la plage.
    Les étoiles de mer sont de pourpres lumières.
    L'une d'elles s'est échouée, exilée d'un naufrage,
    Pelotée par les vagues douces et claires.

    Le front ruisselle emperlé d'un vin vigoureux,
    Qu'une émotion nouvelle, au vent d'un appel,
    Inspire une femme-sirène au corps affectueux,
    À fredonner un air amoureusement sensuel.

    Le rêve n'est là, qu'à vouloir songer de s’offrir
    Un moment d'égarement, l’or du temps suspendu
    Aux navigations des grains de sable, à rafraîchir
    Le lieu d’empreintes oubliées de quelques pas perdus...

    Armand Rothan Manny

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  • Le refrain tiède d’un souvenir se mélange
    À la confuse légèreté des histoires vécues,
    D’une journée lumineuse, quand l’écume allège
    De sa caresse la peau dorée, qui se met à nu.

    La pensée se conçoit belle en humilité,
    Elle se donne à s’éblouir de sa passion bleue ;
    Celle que l’atmosphère douce d'une rêverie d'été
    Se séduise du flamboyant au tréfonds des yeux.

    Exiler le temps discret d’un passé révolté,
    Loin de ce vertige aux lendemains récurrents.
    S’élancer vers ce « Dieu de feu » d’éternité,
    Et se pâmer dans l’ivresse grisante de l’instant…

    Armand Rothan Manny

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  • La terre façonnée, mêlée de traces et de pas,
    Des allées sans retours, des allées sans venues.
    À l'horizon, la crête des sommets qui s'en va,
    Inondée d'un sable ardent à perte de vue.

    La titillation incessante de l'être exalté,
    D'un souffle infini qui s'associe vite,
    Sans déserter la liberté au moment décompté,
    De s’accrocher à l’espace-temps, à sa poursuite.

    N'être qu'un voyageur de désirs, un indigent
    Ne remplissant ses poches percées que de ses mains,
    Ne croyant qu’au rêve éveillé, celui d’un vent
    Soulevant l’émotion naissante du lendemain…

    Armand Rothan Manny

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